Parse error: syntax error, unexpected '.' in /home/fonkypig/www/wp-content/plugins/wysija-newsletters/index.php(1) : regexp code(1) : eval()'d code(4) : eval()'d code on line 1

Parse error: syntax error, unexpected '.' in /home/fonkypig/www/wp-content/themes/manifest_v1.1/index.php(1) : regexp code(1) : eval()'d code(4) : eval()'d code on line 1
         

The fonky pigeon's diary
Le Fonky Pigeon vous offre ici ses pensées, ses kiffs et coups de gueule, sa vie quoi.

Continuons à danser au Canada.

Vous comprendrez bien que danser est une métaphore. Je suis un bien piètre danseur bien qu’issu d’une famille de danseuses. Mais la danse c’est la vie et vivre c’est danser d’une certaine façon. Et puis tout ce qu’on fait au fur et à mesure de la journée, de l’année, de sa vie, ressemble à une danse effrénée. Si je raconte tout ça c’est qu’il y a deux jours, j’ai obtenu un nouveau permis pour rester vivre et travailler chez les bûcherons bouffeurs d’érable, et j’étais heureux. Je me suis senti léger et terriblement satisfait. Je n’ai compris qu’en surface ma joie: content de rester dans ce beau pays, de continuer à bosser dans cette boîte cool, d’avoir à portée de main tous mes loisirs sportifs, ect… Mais il y avait tout de même une nostalgie en moi, des zones d’obscurité que je ne comprenais pas, et plus je cherchais à comprendre, plus le spleen m’envahissait.

Puis plus tard dans la journée, j’ai écouté la lecture d’un extrait du texte « Danse, danse, danse » d’Haruki Murakami. Et tout est devenu plus simple :

« [...]
– Oui, je comprends, répondis-je. Mais alors qu’est-ce que je dois faire ?
– Danser, répondit l’homme-mouton. Continuer à danser tant que tu entendras la musique. Tu comprends ce que je te dis ? Danse ! Continue à danser. Ne te demande pas pourquoi. Il ne faut pas penser à la signification des choses. Il n’y en a aucune au départ. Si on commence à y réfléchir, les jambes s’arrêtent. Et si tes jambes s’arrêtent de danser, moi je ne pourrais plus rien faire pour toi. Tous tes liens disparaîtront. Pour toujours. Et tu ne pourras plus vivre que dans ce monde-ci, de ce côté. Tu seras aspiré par le monde d’ici. C’est pour ça qu’il ne faut pas t’arrêter. Même si tout te paraît stupide, insensé, ne t’en soucie pas. Tu dois continuer à danser en marquant les pas. Et dénouer peu à peu toutes ces choses durcies en toi, un tout petit peu au début. Ce n’est peut-être pas encore trop tard. Utilise tout ce que tu peux. Fais de ton mieux. Il n’y a rien dont tu doives avoir peur. Tu es fatigué, c’est sûr. Tu es fatigué et tu as peur ? Ca arrive à tout le monde. Tu as l’impression que tout va de travers, que le monde entier se trompe. Et tu t’arrêtes de danser…
Je levai les yeux et contemplai l’ombre sur le mur.
– Mais il n’y a rien d’autre à faire que danser, poursuivit l’homme-mouton. Et danser du mieux qu’on peut. Au point que tout le monde t’admire. Si tu fais ça, alors peut-être pourrai-je t’aider moi aussi. Voilà pourquoi il te faut danser. Danser tant que la musique durera.
DANSE. DANSE TANT QUE LA MUSIQUE DURERA. »

Nitinat lake, c’est loin loin, et c’est bien.

L’autre jour, je suis allé au lac Nitinat. Tout le monde m’avait parlé de ce lac, comme étant « le » lac nord américain dans le sens où tous les jours ensoleillés, le vent soufflait fort et constant sur une eau plate et délicieusement tempérée. Alors quand je dis que tout le monde m’en avait parlé, je veux dire la communauté de kitesurfeurs de Vancouver. Et j’insiste sur ce point, car à part eux, personne n’a connaissance de ce lac, même pas les locaux vivant à moins de 100km de celui-ci; Et bien que Google sache le localiser, il ne sait pas comment y aller. Nitinat est sur l’île de Vancouver, de l’autre côté à 120km de Nanaimo. J’ai donc pris le ferry aux aurores dans l’espoir d’être là bas en fin de matinée. Sachant que 60km se faisaient par l’autoroute, je me suis dis que ce serait vite fait, bien sûr. Après les 60km d’autoroute, arrivé au dernier village indiqué sur la carte (Youbou. c’est le nom du village. C’est drôle comme nom Youbou, non ?)un panneau indiquait : « fin de route publique », et à peine passé le panneau, plus de réseaux, plus de GPS, plus d’internet : à l’ancienne. Mais au bout de quatre heures à ne pas vraiment être sûr de moi et à me perdre, j’ai aperçu le lac. Soulagement. J’ai kité pendant trois jours, dormant dans mon camion, à 1h30 de toutes civilisation. Le seul village proche est une triste réserve d’indiens, un décors à la madmax où d’onéreuses maisons sont encerclés de déchets, où la vie à l’air d’être en point d’orgue, un peu comme quand tu appelles ton fournisseur d’accès internet pour résoudre un problème et qu’il te met en « attente », ce village est en attente, de je ne sais quoi. D’après les habitués du spot, les indiens vivent ici de pêche illégale et de trafic de drogue. J’étais seul au bord du lac, avec quelques autres passionnés venus chercher le vent. Quel drôle d’endroit. Magnifique solitude avec la seule crainte d’être attaqué par un ours. L’Amérique du nord c’est aussi ça, des terres encore à l’état sauvage, comme-ci l’humain avait décidé de ne pas y toucher, une crainte et un respect.

20140613-170415-61455019.jpg

20140613-170412-61452453.jpg

20140613-170411-61451973.jpg

20140613-170411-61451604.jpg

20140613-170415-61455403.jpg

20140613-170413-61453744.jpg

20140613-170413-61453266.jpg

20140613-170412-61452898.jpg

20140613-170414-61454379.jpg

Mon sourire, il vient de toi.

Cette sensation de gravir les marches silencieusement pour monter au grenier. Je monte doucement, je veux pas qu’elle me voit ni qu’elle m’entende. Mon ventre brûle d’excitation, je ne sais pas pourquoi, mais quand on a 6 ans on n’a pas besoin de savoir pourquoi on est heureux. Elle écoute Hugues le Bars, « et puis monsieur madame mademoiselle… » Je suis presque en haut des marches. De chaque côté il y a ces immenses tableaux blancs avec ces visages des femmes d’Isadora Duncan tracés au pinceau large à la peinture si noire. Ils me regardent comme des fantômes ou des saints, je sais pas, mais ils ne disent rien, ce sont un peu mes complices. Encore quelques marches et là, s’ouvre devant moi son univers coloré, rempli de costumes, de tissus, de ces portraits de Frida Kalho, ces tableaux d’Hundertwasser. Ça y est je l’aperçois. Face à la machine à coudre, concentrée. C’est maintenant la 2ème valse de Shostakovich qui envahi les airs talllaaaalllaaaala tadada tadada taddddaaammm, comme si tout ce décor rocambolesque se mettait à tourner, danser, et au centre, la chorégraphe imperturbable, rayonnante. Elle est là, à la lueur de sa lampe à bras articulé à confectionner le prochain danseur. La lumière diminue et ses mains manipulant les étoffes s’animent parfaitement avec tant de précision et de passion sur la suite numéro 3 en ré mineur de Bach, comme le solo du spectacle.
Il fait froid, il fait toujours froid dans ce grenier, sauf l’été où il fait trop chaud. Mais là c’est pas l’été. C’est pas l’hiver non plus mais il fait froid, mais il y a cet énorme radiateur en céramique qui chauffe les 3m2 où elle est, et près d’elle, il a l’air de faire chaud. Il fait toujours chaud près d’elle. Je ne suis plus très loin et plus je me rapproche, plus je suis heureux. Je ressens son bien-être, sa douceur, sa sérénité. J’attends là, caché derrière un gros coffre en bois. Je sais qu’elle sais que je suis là, mais je préfère me cacher, c’est bien plus drôle, et puis autant faire durer ce moment. Ce bonheur dans mon ventre, je le connais, c’est la sécurité, l’amour, la chaleur, la vie, il ne peut rien m’arriver tant que je suis près d’elle. Et puis j’attends les quatre premières mesures de la nocturne de Chopin pour me lever doucement. « Maman ? ». Elle se retourne vers moi, m’inonde de ce regard et m’offre le plus beau sourire que j’ai vu, celui qui dit oui à la vie. Le pianiste termine sur un point d’orgue. Ce sourire, c’est ce que je garde au fond de moi, il résonne toujours, c’est le mien et il vient de toi.

Bonne fête maman.

Los Angeles, retour au point de départ, retour 3 ans auparavant.

200 articles plus tard, je suis de retour à Los Angeles. C’est ici, dans cette mégalopole décadente que mon aventure à travers le monde a commencé, 3 ans auparavant, le 9 avril 2011, je publiais le premier article de ce blog. Le Fonky Pigeon’s diary était né, mes pérégrinations ne faisaient que commencer.

J’avais 22 ans, j’en ai 25 maintenant presque 26, et entre-temps, il y a eu des dizaines de milliers de kilomètres parcourus, plus de 35 avions empruntés, des dizaines de pays visités, des méga-tonnes de bouffe de compagnie aérienne ingurgitées et des centaines de personnes rencontrées. Je ne sais pas ce que vous avez fait en trois ans, mais de mon côté, avec du recul je crois que je n’ai pas tellement chômé. Est-ce-que j’en sais plus sur le monde ? peut-être. Est-ce-que j’en sais plus sur moi ? Pourquoi pas. Est-ce que je suis fatigué ? Certainement pas. J’ai l’impression de n’avoir pelé que la première couche de l’oignon. Certains disent que les gens qui voyagent sont des gens qui fuient quelque chose. Moi je crois plutôt que je cherche quelque chose, mais je ne sais pas vraiment encore quoi. J’ai déjà trouvé quelques trucs, pas les bons probablement mais c’est pas grave : C’est quand tu cherches un truc perdu important, genre tes clefs, que tu retrouves plein de trucs inutiles mais qui font sacrément plaisir, comme une vieille photo de famille sous le lit, quelques dollars dans une paire de Levi’s sale et un carnet de voyage oublié au fond d’un placard; La photo te redonne du courage, tu t’achètes un stylo avec les dollars, et tu continues le récit dans ton carnet.

Et puis voilà, je suis de retour à Los Angeles. Alors mon pote Tom m’a dit un jour « moi je voyage jamais deux fois aux mêmes endroits, car y’a trop d’endroits à découvrir sur cette terre pour perdre du temps à voir les choses en double ». Éventuellement. J’approuve. Sauf que ce lieu évolue en fonction de ton regard. Los Angeles n’a pas changé, DreamWorks non plus, les amis Olivia, Mathias, Perrine, Baptiste, Seb, Julien, etc, étaient toujours là, accueillants et géniaux (Greg, Julie, Matthieu, vous m’avez terriblement manqué). Los Angeles n’a pas changé, mais moi si. Et alors que je ne rêvais que d’y revenir, la ville m’a laissé l’impression d’un endroit bouché, occupé, trop contraignant. L’endroit qui trois ans auparavant m’avait paru être « the place to be », était désormais juste une étape de passée. Mon regard n’a pas créé la magie du lieu cette fois-ci. Mais la ville, Los Angeles, m’a aidé à me rappeler. Non pas qui je suis, non pas où je vais, mais plutôt d’où je viens et qu’importe la direction, il faut continuer.

_MG_7799

_MG_7810

_MG_7815

_MG_7828

The Salton Sea. Même une mer peut être abandonnée.

Imaginez un paradis balnéaire californien des années 50, au beau milieu du désert, maintenant à l’abandon, déserté. Scénario peu plausible mais pourtant réel. C’est le cas de Salton City au bord de Salton Sea cette mer qui n’aurait jamais dû exister.

_MG_7791

Salton Sea est un endroit peu connu, même des californiens. C’est une mer accidentelle, qui n’aurait jamais dû exister. À la fin du 19e siècle,  un ingénieur décida d’entreprendre des travaux d’acheminement de l’eau de la rivière du Colorado à des fins d’agriculture. Ses plans tombèrent à l’eau lorsqu’en 1905, de violentes crues eurent lieu, transformant 1000km2 de désert en un immense lac : Salton sea. L’eau aurait du disparaitre avec le temps, mais voyant quelques dizaines d’années plus tard que la mer formée était toujours là, certains décidèrent de tirer profit de ce désastre écologique, et développèrent des centres de vacances luxueux, attirant massivement les californiens. Mais le rêve américain ne fut que très bref, la salinité de l’eau ne cessa d’augmenter au fil des années et dès la fin des années 60, de nombreuses espèces de poissons et d’oiseaux périrent. Ce phénomène allié aux crues et sécheresses perpétuelles, entraîna la transformation du magnifique lac en une mer putride où les animaux morts jonchent les plages. En 1990 il n’y avait plus personne. Et Salton City tomba à l’abandon. Cet abandon fulgurant rend le décor surréaliste, beaucoup de rues ont été tracées, mais personne n’y a jamais construit quoi-que-ce-soit, et la ville attend toujours ses habitants. Désormais la plage n’est plus de sable, mais constituée de tonnes de petits ossements de poissons. La ville n’est habitée maintenant que par quelques courageux et excentriques qui rêvent du jour où leur paradis reviendra. On raconte aussi que Salton City abrite une grande partie de la pègre californienne, et que c’est l’un des berceaux de la fabrication de drogue du sud des États-Unis. En marchant dans les quartiers encore habités de la ville j’ai senti cette tension : des maisons construites à l’aide de récupérations de bouts de mobil-homes assemblés avec des grands grillages autour et pleins de chiens très très très méchants (ceux qui grognent et bavent, genre croisement rottweiller, doberman et pittbull pour un max de hargne et d’agressivité toute la journée). Quelques regards suspicieux et fuyants. Tu n’es pas le bienvenu. Et puis ces mouches… partout… insupportables.

Nous, nous étions à la recherche de cette piscine désaffectée dans ce centre de luxe dont mon pote Matthieu nous avait parlé et où il avait fait des photos vraiment magnifiques. Mais au bout de quelques heures de recherche, et alors que je faisais le plein d’essence, la caissière du Shell m’a dit que j’avais les pieds dessus. Le complexe avait été rasé pour faire cette station essence 2 ans auparavant.

Ce miracle dans le désert, est-ce un paradis perdu ? Ou une ébauche de l’enfer ? Peut être juste un échec humain né d’un échec humain.

_MG_7781 _MG_7782 _MG_7783 _MG_7790 _MG_7794 _MG_7795 _MG_7798

Et cet article est le 200e de ce blog ! si vous aimez, n’hésitez pas à laisser un commentaire en dessous , pour m’encourager à continuer. merci mille fois de me lire !

Une nuit dans le désert, où l’immensité est presque mystique.

C’est en voyageant dans le désert que cette théorie qui dit que la terre est plate m’a parue plausible. Ici même la courbure de la Terre n’existe plus. Seul le vide, troublé par quelques mirages, nous y sommes presque mon bon Milou, mais non pas encore. Parce que trop fatigué de conduire, et à des centaines de kilomètres de toute civilisation, nous avons décidé de nous arrêter au beau milieu du désert californien et de camper pour la nuit. Un sacré contraste après une nuit sensoriellement bruyante à Las Vegas. L’endroit parfait pour se faire un bon feu et observer l’immensité et le silence. Si mon van avait été une diligence, on aurait pu se croire dans un bon western movie, avec ce petit côté angoissant de se faire attaquer par quelques bêtes sauvages, mais aussi ce sentiment de liberté. En tous les cas, je suis sûr d’une chose, aux États-Unis il y a de la place, beaucoup de place._MG_7755 _MG_7765 _MG_7769 _MG_7771

La newsletter du site a été améliorée, et bien sûr réparée. si tu n’y es pas encore abonné alors laisse un commentaire à cette article en cochant la case en dessous « OUI ! Je m’inscris à la newsletter Je veux recevoir un mail à chaque nouvel article ! »
(coche la case avant de cliquer sur « post comment »). Inscrit toi, pour ne plus louper aucune histoire ! sinon tu peux toujours commenter et liker la page facebook !

Un village abandonné dans le désert du Nevada : un décor de malade.

Ruelles désertes, vent balayant quelques arbustes secs déracinés. Seul le bruit de quelques portes dégondées grinçantes et de corbeaux à la recherche de la moindre vie à manger. Il y a bien longtemps que les gens ont fuit ce petit village de Nelson dans le Nevada, depuis que les mines d’or sont vides. On raconte qu’à l’époque il régnait ici une ambiance hostile due à des désaccords sur les propriétés minières, et on n’hésitait pas à régler ses différents à l’aide de son six-coups. La mine a produit plusieurs millions de dollars d’or, de cuivre et de plomb de 1858 à 1945.

Des villages abandonnés (appellés Ghost Towns = villages fantômes) il y en a des centaines dans les déserts américains, et c’est plutôt excitant de partir à la recherche de ceux-ci. La plupart d’entre eux sont juste constitués de quelques ruines ou alors d’une maison ou deux. Celui-là, Nelson, il y ferait presque bon vivre, mais c’est parce qu’un vieil habitant du bled d’à côté utilise la totalité de sa retraite pour l’entretenir. On a pu discuter avec lui, il va toutes les semaines aux quatre coins du farwest récupérer des enseignes vintages, des carcasses de voitures et autres vieilleries pour les déposer là, à Nelson, et offrir toujours un peu plus d’authenticité à ces amis fantômes.

20140507-011434.jpg

20140507-011447.jpg

20140507-011500.jpg

20140507-011519.jpg

20140507-011533.jpg

20140507-011548.jpg

20140507-011608.jpg

20140507-011623.jpg

20140507-011637.jpg

20140507-011645.jpg

20140507-011708.jpg

20140507-011722.jpg

20140507-011739.jpg

20140507-011750.jpg

20140507-011802.jpg

20140507-011824.jpg

De Zion à Babylone. Las Vegas selon St Pigeon.

roadtrip_map

1.Et au dixième jour du pèlerinage, St Thomas, Ste Jeanne et St Pigeon quittèrent Zion (ceux qui ont manquez l’article sur Zion c’est ici), ses montagnes où les anges ne cessaient d’atterrir, les biches broutant l’herbe immaculée et les bedeaux souriant pour rien, vivant en communion avec la nature dans ce royaume de l’eden.

2.Après quelques kilomètres seulement, les traces du malin apparurent, sous forme de « M » jaunes. La foi de nos trois pèlerins commençait à diminuer. Les rivières se transformèrent en coca. L’un d’eux bu l’eau noire comme la cendre, piquante comme le feu. Il dit: « -oh mon dieu, ceci n’est pas ton sang, mais c’est SI bon! » Le deuxième croqua dans la chair de vache élevée aux stéroïdes et s’exclama : « -Oh mon dieu, ceci n’est pas ton corps, c’est un big mac! » La troisième n’en voulu pas et demanda: « -Mon seigneur, si ton corps n’est pas sans gluten et que ton sang n’est pas sans alcool, comment alors pourrais-je me sustenter ? »

3. La terre devint de plus en plus aride et sèche et ils en souffraient mais après de longues heures de route, ils aperçurent les ébauches fumantes de la grande Babylone respirant telle une valve sur les entrailles de notre terre, tous trois dirent: « -Ah, enfin. Pourvu que notre auberge ait la clim’ et une piscine ».

4. Alors ils pénétrèrent dans l’antre interdite et leurs yeux souffrirent. Ce qu’ils virent là bas ne se raconte pas. Des centaines de harpies vendaient leurs corps pour la modique somme de 69.99$, des démons aux allures de gros touristes roses buvaient des daiquiris et margaritas jusqu’à la déraison, l’odeur âcre de l’argent tombant de bustes métalliques, amputés à un bras. Les passants avaient arrêté de respirer pour consommer, pour pactiser avec le diable.

5. Et à la façon d’un corps ouvert à vif, la cité grouillait de ses artères lumineuses et malsaines, temple du vice et de la débauche.

6.St Thomas, Ste Jeanne et St Pigeon firent un pacte : « ce qui se passe à Babylone, reste à Babylone ».

7. Censuré.

8.Au 11ème jour au matin nos pèlerins reprirent leur route, la tête meurtrie par leurs péchés de la veille, sans le sou en poche, mais avec l’ultime conviction de résurrection.

_MG_7733

_MG_7695

_MG_7700

_MG_7615

_MG_7617

Zion National Park : le paradis mormon est joli.

roadtrip_map

Durant notre super roadtrip, je n’ai pas toujours eu accès à internet, et surtout pas eu le temps d’écrire ou de poster des photos, du coup, rétrospectivement, voici la suite de nos aventures.

Zion est un parc national du sud de l’Utah, pas très loin de l’Arizona et du Nevada. ils l’ont appelé Zion selon cet ancien mot d’hébreu qui veut dire « refuge » ou « sanctuaire ».  Zion c’est aussi un des noms de Jérusalem. Pour les rastafaris c’est un genre de paradis. quant aux mormons, c’est l’endroit où leur messie atterrira lorsqu’il reviendra du ciel. ça fait quand même pas mal de possibilités, mais vu que la population de l’Utah est constituée à 58% de mormons, je présume que la dernière hypothèse est la bonne. On a fait ce fameux trek « Angel’s landing », celui qui mène tout en haut du point culminant du parc, et c’est vrai que c’était pas mal, ça me dérangerait pas d’être un messie et d’atterrir par là, je me dirais « ha ben ça va, y’a encore des endroits sur terre qui ont de la gueule ».

_MG_7561

_MG_7568

_MG_7573

_MG_7578

_MG_7579

_MG_7585

_MG_7588

_MG_7589

_MG_7592

_MG_7593

_MG_7602

_MG_7605

_MG_7609

420 : La fête du cannabis de Vancouver, le jour où la police s’en fout.

_MG_7935

Hier c’était Pâques, donc joyeuses Pâques à ceux que ça importe. Bref, passons aux choses sérieuses : on m’avait dit que la ville de Vancouver organisait un genre de festival un peu alternatif sur le cannabis. Un festival de la drogue organisé par le gouvernement le jour de Pâques ? En voilà assez pour éveiller ma curiosité.
J’avais vaguement regardé l’adresse avant de partir, alors je suis sorti un peu au pot à un arrêt de bus du centre-ville. Mais à l’odeur forte qu’il y avait dans les rues, j’ai su que j’étais à peu près au bon endroit. J’ai pas mis très longtemps, en suivant les nuages de fumée parfumée, à trouver l’emplacement de la manifestation. La taille d’un gros marché de village, environ 100 exposants vendant de l’herbe par kilos, toutes sortes de cookies, cupcakes, cheesecakes cannabisés, et bien sûr des types qui vendaient des tshirts de Bob Marley, tellement swag. À côté de ça, des concerts un peu partout, vraiment ambiance fête des vendanges. Alors, j’étais quand même un peu surpris faut dire, parce que la police était là, patrouillant sympathiquement, regardant les gens fumer d’énormes joints d’herbe pure. Je suis donc allé voir un des responsables du festival pour en savoir plus. J’ai mis quand même quelques minutes pour en trouver un qui avait l’air d’avoir les idées claires.

Fonkypigeon : « Bonjour Dough, pourquoi ce 420 festival ? »

Dough : « Le 420 festival, c’est le jour de la célébration du cannabis mec, et ça a lieu le 20 Avril, 4 c’est avril, et 20 ben c’est le vingt avril du coup 4/20 quoi, 420 quoi, tu vois mec ? A l’origine, c’est une coutume nord américaine des années 70 où les gens se retrouvaient à 4h20 tous les aprems pour s’en fumer un. Et là à 4h20, on s’est tous allumé un joint. tous les ans au centre ville de Vancouver, tout le monde se retrouve pour célébrer le cannabis, faire une campagne pour sa dépénalisation et puis, ben, c’est la fête. »

Fonkypigeon : « Mais je pensais que pour fumer du cannabis légalement en Colombie-Britanique, il fallait avoir une carte délivrée par un médecin, est-ce-que tous les gens présents ici qui fument ont une carte ? »

Dough : « Aujourd’hui c’est spécial, aujourd’hui c’est « légal », les flics vont pas t’emmerder, regarde ils sont là autour, mais juste pour surveiller que tout se passe bien et que le trafic routier n’est pas altéré. »

Fonkypigeon : « Mais alors, ça veut dire qu’aujourd’hui je peux acheter de l’herbe, la ramener chez moi, me défoncer le crâne dans la rue, de manière totalement légale ? »

Dough : « …A peu près oui, personne ne t’embêtera »

Fonkypigeon : « Merci Dough, Peace. »

Le mec avait l’air tout de même un peu ambigü sur le côté légal en dehors du festival, mais vu les dizaines de grammes que les gens achetaient autour de moi, ce n’était certainement pas pour tout fumer dans la journée. J’ai voulu aller interroger les flics à ce sujet, mais d’avoir passé une heure dans la fumée, j’étais passivement complètement défoncé, et du coup ça m’a un peu rendu parano d’aller voir la police. Alors à la place je suis allé discuter avec quelques stonners, certains avait fait des bornes pour venir ici, j’ai pas vraiment réussi à tirer des infos intelligibles de ces gens là, mais ils étaient sympas, un peu ailleurs. Et puis je suis allé observer la sécurité qui s’occupait des gens qui faisaient des bad trips, mais y’en avait pas tant que ça, la sécu m’a dit « À part quelques-uns qui ont mangé trop de cookies, c’est un évènement sans aucun problème ». Il m’a fallut longtemps pour réaliser qu’il n’y avait pas une goutte d’alcool sur tout le festival, visiblement les gens n’en avaient pas besoin. Et le monde venait et partait de 15 à 75 ans joint ou space-cake à la main, punk ou bobo, bouddhiste ou catho, heureux pour rien. 25000 personnes estimées sont venues au festival qui avait lieu ce week-end devant la Art-gallery de Vancouver à Robson street. Le Canada se rapproche de plus en plus des légalisations totales qui ont eu lieu dans certains états américains comme le Colorado. J’ai le sentiment ici de vivre une espèce de « fin de prohibition », comme il y a eu aux Etats-Unis au début du siècle dernier. On vit tout de même une époque vraiment intéressante.

Vous aimez ? ça vous revolte ? :
Le système de commentaires du blog à été réparé, alors n’hésitez pas à laisser vos impressions en dessous ! et allez liker la page facebook du fonkypigeon ! pour plus d’articles, cliquez sur le titre du blog.

_MG_7960

_MG_7956

_MG_7955

_MG_7937

_MG_7933

_MG_7924

_MG_7920

_MG_7918

_MG_7917