Marfa, TX

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Marfa est une toute petite ville de moins de 2000 habitants, au milieu du désert au Texas, un peu à l’ouest de Big bend. Un genre de village du far west – 2.0 rendu célèbre pour plusieurs raisons, toutes très cools. Il y a les films tournés là bas depuis les années 50, comme Giant avec James Dean et plus récemment No Country for Old Men. Marfa est aussi célèbre pour son art : tout un tas d’artistes sont venu exposer ou s’installer à Marfa, on y retrouve principalement la fondation Chinati fondée par Donald Judd qui expose d’ailleurs un paquet de cubes de béton et aluminium super cools. Marfa est devenu à cause de ça, un espèce de village mi-ghetto, mi-ultra-supra-branché-élitiste : parfaitement hipster tout ça n’est ce pas ? Mais la raison la plus cool qui rend Marfa badass, c’est ses mystérieuses Marfa Lights. De fortes boules de lumières apparaissant quelques secondes dans le désert la nuit puis s’évanouissent sans laisser aucune trace. Ces lumières ont fait l’étude de recherches scientifiques, mais aucune explication n’a été trouvée. Alors les théories allant des feux-follets aux aliens y vont de bon train et le village, en plus de l’art vit de son mysticisme. Alors malheureusement on a pas vu de lumières chelous nous, et c’est dommage car apparemment ça arrive quasiment tous les jours. Mais on s’est quand même imprégné de la bizarrerie de ce lieu. entre les différentes galleries d’arts et coffee shops ultra shanti, on a même visité le shop d’un type qui avait brodé les sangles de guitare de Santana et compagnie. Et puis, pour finir, en repartant, on s’est arrêté au fameux Marfa Prada, fausse boutique Prada au bord de la route, Oeuvre d’art réalisée par Michael Elmgreen et Ingar Dragset. Cette oeuvre résume bien toute la bizarrerie de ce trou : entre abandon et richesse, entre fun et dépravation, entre fascination et désanvoutement. Cet étrangeté reflète le pur fantasme de l’Amérique strass et paillettes des films contrastée par la dur réalité.

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Terlingua, une soirée chelou avec des jeunes vivant dans un village abandonné.

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On a rencontré ce couple en se baladant dans Big Bend. Juste croisé comme ça, je pense qu’on a dû échangé 5 mots au plus, genre “ Hey, How is it going ?”. Mais c’était assez. Après quelques minutes seulement ils sont revenus vers nous à la Texane pour nous demander si on voulait venir faire la fête avec eux ce soir. Ça marche comme ça au Texas, ça peut paraitre vraiment flippant, mais ça ne l’est pas, on te regarde, on te sourit et on te propose l’apéro avant même de t’avoir demandé ton nom. Un peu comme les mecs draguent les meufs en France. Ils nous ont expliqué qu’ils habitaient/squattaient dans un ghost town (comprendre : village abandonné) à la sortie Ouest de Big Bend : Terlingua. Ils nous ont proposé de venir manger, prendre une douche, dormir. Tout ça nous a paru une fois de plus bien trop gentil, mais c’est comme ça au Texas. Alors ils nous ont vendu la soirée en nous disant que ça allait être trop bien, qu’il y avait un concert ce soir, et que le ghost town était trop cool, et qu’ils nous réservaient une surprise en fin de soirée, inoubliable, genre meilleure teuf de notre vie.

La nana était vraiment excitée à l’idée, quant à nous, j’avoue qu’on était un peu nerveux. Une bande de jeunes qui vit dans un village abandonné au milieu du désert qui nous propose une soirée inoubliable? Whatever, qui ne tente rien n’a rien, alors on les a suivi. Le village abandonné était plus un endroit touristique qu’abandonné où squattait une bande d’artistes hippies. Il y avait même quelques bars super bariolés, ambiance burlesque en ruine. On a rencontré tout un tas de locaux et saisonniers fort sympathiques. La raison de la présence de gens ici était variée: certains étaient guides touristiques saisonniers à Big Bend, d’autres étaient des artistes voulant vivre en marge de la société, d’autres pensaient que c’était super hip, quant aux derniers, ils étaient là parce qu’ils n’avaient  simplement nulle-part autre où aller.Toujours est-il qu’on a passé une bonne soirée, à enquiller des bières dans des troquets ressemblant à des décors de cinéma. Et puis nos nouveaux amis continuaient de faire monter la sauce quant à la surprise. Tous les locaux avaient l’air de savoir de quoi ils parlaient, et ils se donnaient  tous rendez-vous sur les coups de deux heures du mat”. Toujours un peu flippé, l’alcool en plus, on s’imaginait tout un tas de scénarii sordides : ingestion de drogue locale, vampires prêts à nous sucer le sang, culte ultra-conservateur tuant les touristes au nom de Trump.

Alors en loucedé, j’ai tenté de glaner quelques informations. Les seuls éléments de réponse m’ont quelque peut alarmé. Les locaux balances m’ont parlé d’une ancienne mine désaffectée, de “feux d’artifices inversés” et m’ont demandé si j’avais le vertige. Bref. De toute manière, vous connaissez la chanson, l’effet de groupe et tout ça, dur de s’éclipser à la dernière minute. Ma femme étant sobre, moi complètement ivre, nous avons examiné la situation de deux perspectives différentes avant de finalement se dire qu’on les suivait. Alors qu’une trentaine de personnes s’était désormais réunies sur la “place du village”, on a embarqué dans des voitures pour monter juste un peu plus haut dans la montagne.  L’atmosphère était bonne enfant, ça picolait fort, ça fumait de la drogue et ça riait, rien d’anormal du point de vue de la génération XY. Et puis on est arrivé. Au début, j’ai pas compris, la joyeuse bande s’était juste arrêtée au milieu d’un champs et a commencé à s’assoir. Quant je suis enfin arrivé à leur niveau j’ai compris ce qu’ils avaient voulu me dire avec leurs indices. Jamais néanmoins, je n’aurais pu imaginer la scène.

Au milieu de ce champs gisait un trou béant d’une profondeur insondable, sur lequel avait été installé une grille de sécurité. On pouvait marcher sur cette grille et donc se retrouver au dessus des ténèbres, sensation étrange décuplée par l’obscurité. Alors les locaux habitués ont sorti des feux d’artifices, et les ont pointé, non pas  en direction du ciel, mais du centre de la terre. Ils les ont allumé, et tout le monde a regardé les fusées partir à toute vitesse jusqu’à disparaitre dans les entrailles de la terre. Le silence se faisait de plomb au fur et a mesure que l’obscurité avalait les projectiles. Tout le monde retenait son souffle, et lorsque au loin on entendait la détonation de la fusée alors tous se mettaient a hurler de joie. On a réitéré l’opération pendant une trentaine de minutes j’imagine, et puis, lorsque nos artificiers ont été à court de munition, on est parti. On a remercié nos hôtes pour cette soirée inattendue. La chandelle en valait le suspense.

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Le Texas, un drôle d’endroit avec des flingues et des montagnes.

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Le Texas c’est quand même un drôle d’endroit. Contre toute attente, c’est là bas qu’on a rencontré les gens les plus accueillants de tous les État-Unis. On dirait que le Texas tient à être à part. C’est un peu l’Alsace des USA, genre ils font leurs lois et emmerdent bien les autres. Le reste des Américains dénigre complètement le Texas, quant aux Texans, ils s’en foutent, ils sont au Texas, pas aux USA. Alors plusieurs fois de suite on a été invité chez les gens, pour dormir, ou boire l’apéro, et c’est fou ce qu’on a passé du bon temps. Y’a ce bon vieux John qui après nous avoir accueilli, nous a montré où étaient cachés ses flingues, au cas où on en ait besoin : “Un dans chaque pièce” John nous a dit, “le 347 magnum est aux chiottes”. John nous a expliqué que si les démocrates gagnaient les élections, il irait acheter un stock de 10.000 cartouches, parce qu’il avait vraiment cette immense crainte qu’on lui retire ses armes. On a rencontré des jeunes aussi, plutôt hipsters, plutôt branchés, fac de lettres, mannequinat, blablabla, eux aussi avaient quelques flingues dans leur voiture, “ben ouais, attend, c’est normal dude”. On nous a bien fait comprendre qu’il n’y avait rien d’anormal ici, c’était juste une question de culture; Et, et, de “protection personnelle”. J’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre ce qu’ils veulent dire, car si il y a bien un endroit quadrillé par les keufs, c’est le Texas : ça grouille de douaniers, pour traverser l’état d’Est en Ouest, on a dû passer 5 contrôles du véhicule et des passports. Mais une fois que tu as montré patte blanche, alors t’es vraiment le bienvenu. En longeant la frontière avec le Mexique, on est allé randonner quelques jours à Big Bend. Après avoir vu de nombreux autres parcs nationaux complètement fous, j’avais un peu peur que celui-ci soit un peu chiant. Et bien j’avoue que c’était plutôt cool. Et puis il y avait aussi ces sources d’eau chaude au milieu de nulle-part, AHhhhh… : les douches sont rares pendant un tel roadtrip alors imaginez les bains à 37degrés.

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Houston, on a un problème.

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Je me souviendrai toujours de la fois où mon papa, ma maman et ma soeur m’avaient emmené voir le film Appollo 13 au cinéma, j’étais môme. Les astronautes c’est bien la passion d’un gamin sur deux : en tous les cas, c’était la mienne. Devenir astronaute. voyager dans les étoiles, partir à la conquête d’une planète inconnue peuplée peut-être d’extra-terrestres. Un truc trop cool. Genre grand aventurier, courageux et intrépide, avec une combinaison trop chouette, et une fusée avec plein de boutons lumineux. la liste des trucs complètement swag des astronautes est longue, vous captez le délire. et puis, la Terre, c’est has-been, Christophe Colomb et ses soss’ ont déjà tout découvert. Dans le ciel par contre, il y a au moins une étoile à découvrir par petit garçon, ça donne à tout le monde le droit de rêver.

A cette époque, j’avais sans doute pas encore trop fait la différence entre Star Wars et la Guerre Froide, et cette phrase mythique “Houston, on a un problème” m’a vachement marqué. Après ce film, je me souviens avoir compris que le boulot d’astronaute avait l’air quand même bien stressant, il y avait de quoi y laisser des plumes (du coup j’avais ensuite opté pour archéologue). Ma soeur m’avait dessiné un joli pastel des trois astronautes d’Apollo 13 qui depuis, malgré les années et les papiers-peints qui ont changé, est toujours accroché au mur de ma chambre d’enfance, précieux trésor comme le souvenir d’une innocence oubliée.

En passant par Houston au Texas, je n’ai pas pu faire autrement que d’aller visiter la Nasa et de redevenir cet enfant rêveur. Des vraies navettes spatiales à visiter, des expos incroyables, en passant par les labos de recherche et les centres d’entrainement des astronautes. C’est con, on l’a visité un dimanche, car il parait que la semaine, on peut voir les astronautes en action, et même déjeuner avec eux. Je suis sorti tellement excité, que pendant 5 minutes quand même j’ai pensé à une reconversion. Et puis je me suis dit qu’en fait, j’avais moi aussi mon vaisseau d’exploration BLOUBLOU !  Je suis allé le chercher un peu plus loin sur le parking et j’ai essayé de le garer devant la navette spatiale, pour une photo vite faite, mais la sécurité m’a dit de circuler. Dommage, ils ont pas saisi le sens de tout ça. C’est pas grave, on est reparti des étoiles plein les yeux et un appétit de voyages et de découvertes encore plus fort. Si on ne va pas dans l’espace, alors on continuera d’explorer les recoins d’ici-bas. Comptez sur moi.

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Promenons-nous dans les bois, pendant que le croco n’y est pas.

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Les vrais marécages c’est vraiment un truc de ouf. En Louisiane, c’est genre un peu la forêt, mais pas moyen de trouver des champignons, car partout, il y a 50cm d’eau. Un décor surréel dans lequel s’épanouissent moustiques (en mode gros bâtards bien dodus, ambiance Dracula), batraciens, tortues et reptiles de tout genre, y compris des alligators. Alors j’étais pas tout à fait rassuré quand la nana de la location de kayaks nous a fait signer une décharge de responsabilités en cas de pépin. genre, “c’est pas notre problème si clac-clac-clac l’alligator te croque tout cru”. Je lui ai donc posé plein de questions, genre, la distance de sécurité à respecter, la procédure d’urgence, les grelots à croco, le siège éjectable du kayak : ça l’a fait marrer et elle nous a dit de ne pas nous en faire, il y avait “rarement” des problèmes. Je t’en foutrais moi des “rarement”. #rassurés. On y est quand même allé, parce que le fun sans risque c’est pas vraiment le fun, parce qu’aussi on est des dingues nous, on mange des guêpes, on boit de l’essence, et que quand même, ça avait l’air ultra-chanmé. Alors après avoir pagayé 500m, on aperçoit un croco vraiment pas loin, on décide de s’approcher lentement pendant que lui faisait sa tactique d’alligator sournois, en mode : “je suis si furtif! Vous me prenez pour une vieille branche n’est-ce-pas? ha-ha, en réalité, je mesure 3 mètres et je suis un prédateur si malin!” Arrivé à une distance de non-sécurité de 1.5m nécessaire à la prise d’une photo couillue, l’alligator est passé lentement en mode sous-marin, et a disparu. C’est peut-être le moment où on a eu un peu peur. Il est quelque-part, mais on ne sait où. Il a finalement ressurgit une dizaine de mètres plus loin, et on a compris qu’il n’en avait rien à foutre de nous, que sa vie de croco était bien au delà de ça. Alors on l’a quitté, laissé à ses occupations de reptile chelou, et on a fini notre balade assez sereinement.

 

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La Nouvelle-Orléans : Du Jazz, des Alligators et des Couleurs.

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Une ville, mais pas n’importe laquelle. On ne s’est pas beaucoup arrêté en ville pour le moment durant ce roadtrip. Parce que c’est pas facile en van. Enfin, si, mais tu vois, les villes c’est le vice. Tu dépenses un fric monstre, tu galères à te parquer et tu sens qu’il y a beaucoup trop de gens autour de toi. Mais là, c’était différent. Une ville, mais pas n’importe laquelle, LA NEW ORLEANS BRO’. La ville qui respire, qui vibre au rythme de la musique, qui dégage des odeurs de bouffe créole et cajun. La ville où tu manges un hot dog d’alligator (ça a le goût d’une grosse grenouille) dans une maison de missionnaire rasée par Katrina (c’est l’ex de Matthew) puis reconstruite avec toujours autant de charme. Une ville d’une autre époque, une époque des colonies marchandes Françaises et Espagnoles, révolue. Une ville ne cherchant qu’à être ce qu’elle est : authentique. Pure culture unique et colorée. On nous avait dit de nous méfier de l’extrême pauvreté qui nous exposait à la criminalité, mais franchement, pas pire que d’aller à la fac à Saint-Denis, il faut juste ne pas être un grand beunet, il faut rester discret et sur ses gardes, c’est tout. On a airé dans les rues pendants des heures, juste pour s’imprégner de toute cette histoire, cette ambiance et c’était plutôt chouette. On ne reste jamais assez longtemps nulle part, on vole quelques souvenirs et on s’en va. Je dois avouer que la plupart du temps ça me suffit; je l’accroche sur le mur de ma mémoire, et déjà je passe à l’étape suivante, mais là, c’est pas pareil, la Nouvelle-Orléans nous a laissé quelque chose, c’est un endroit où l’on aurait pu être, pour une vie peut-être. On y retournera.

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De la légalité des armes à feu aux US.

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Il est important pour moi de pratiquer ce que j’appellerais “un tourisme d’immersion”. J’ai les poils qui se hérissent lorsque je croise un français sur mon chemin qui, inquiet, me demande si j’ai trouvé un bon spot pour acheter du clacos et des Danettes (bon j’avoue, j’ai été ce français aussi, on l’est tous, c’est dans nos gènes, mais bon). Alors j’aime manger local mais aussi me plier aux us et coutumes qui m’entourent même si certaines choses paraissent complètement allumées. Voilà pourquoi je me retrouve souvent au bar délabré du village entre Roger and Mitch à causer de pêche et de chasse et des élections, sujet premium. Bon j’exagère un peu, mais pas tant. Je pense que j’ai poussé un peu loin mon tourisme d’immersion en allant pour la première fois de ma vie tirer avec un pistolet  9mm et un fusil. La veille au soir, nous avions rencontré ce type super sympa Micah, un kiteu, qui par pur fun et hospitalité nous avait invité diner chez lui. Micah a halluciné qu’en tant que frouz, nous n’ayons jamais touché à une arme à feu. Il a compris plus ou moins qu’on était contre les flingues et tout le bazar, néanmoins, en tant qu’ancien soldat de l’US air force il a proposé de nous initier. C’est comme ça qu’on s’est retrouvé le lendemain soir dans les bois à agrafer des cibles sur des souches pour ensuite vider quelques chargeurs dessus. “Hillbilly style” comme dirait Micah. Et bien, messieurs dames, c’est impressionnant. Tenir la crosse d’un tel machin m’a simplement glacé le sang. La légèreté d’un objet si grave, la puissance de la détonation et celle de l’impact. Impressionné et un peu dégouté. Surtout effrayé par la facilité. Et puis c’est comme dans les films, tu rentres le chargeur, tu armes, tu enlèves la sécurité, et tu tires. Y’a un recul violent et ça sent la poudre. Je crois qu’on aura encore découvert un bon bout d’Amérique ici. Je n’ai pas trop envie de retoucher à ces trucs là, mais j’avoue que l’expérience en valait la chandelle, je me sens vraiment un peu moins con de savoir ce que c’est qu’une arme à feu, une vraie. Je crois qu’on a tendance un peu trop à banaliser l’objet, dans les films et dans les jeux vidéos; dans la culture populaire. Il y a une chose que je ne peux retirer aux Américains, au moins, ils savent que ce n’est vraiment pas un jouet, quant à moi, je pense qu’il vaut mieux être désarmé.

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On a kité Matthew l’Ouragan, et puis on a dû évacuer.

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On avait repéré un endroit qui avait l’air sympa, Charleston, en Caroline du Sud, et vu que la météo annonçait un ouragan assez balaise, on a pensé qu’une ville où l’on pourrait boire des coups en écoutant du jazz serait une bonne solution de repli sous la pluie. Mais ce qu’on avait pas prévu, c’est que la ville serait évacuée le lendemain de notre arrivée. #echec. A vrai dire, on l’a même pas vu Charleston. On est directement allé kiter sur une plage au sud de la ville, parce que, évidemment, en front d’ouragan, le vent était si fort, si bon. On a vite entendu à la radio l’avis d’évacuation. Jeanne m’a proposé qu’on se cache au moins pour la nuit, qu’on kite un dernier coup demain et qu’on parte après. J’étais un peu poule mouillée sur ce coup là. J’étais pas vraiment chaud de traîner, parce que ce Matthew avait pas l’air trop sympa, il venait de passer par Haiti, et d’après ce que j’avais entendu, il fallait mieux l’avoir en photo qu’à bouffer. Ce qui m’a finalement fait gagner le débat “surfe ou crève” contre ma femme, c’est qu’on était à sec niveau essence, et que si il fallait décamper en deux-deux, on risquait d’être charrette. Alors on s’est mis d’accord, on fait le plein et on verra demain. Le problème, c’est que l’intégralité des Américains avaient pensé comme nous, mais à peine plus tôt que nous, habitués. Résultat : toutes les stations essences à 70km à la ronde étaient vides. Ambiance fin du monde -Bruce Willis, tout le monde clouait des planches sur les fenêtres des maisons, vidait les supermarchés, et “hop, en voiture Simone, c’est toi qui conduis, moi je prends le klaxon”. La gouverneur de Caroline du Sud a employé ce procédé  d’urgence assez bad-ass : réquisitionner l’autoroute et inverser le sens venant pour avoir un flux sortant supérieur tout en s’assurant que personne ne fasse demi-tour. On a donc été un peu pris au piège et sans même qu’on s’en rende compte on a quitté la côte Est pour se retrouver en Georgie. C’est quand même balo, traverser l’Amérique pendant des jours, pour rider la côte Est et se retrouver obligé de visiter la Georgie. La Georgie c’est un peu le Vesoul de l’Amérique quoi : Dur. Mais bon, c’est pas fini, l’aventure continue !

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Côte EST étape 1 : des riches et des requins.

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On a finalement atteint les Carolines. D’abord la Caroline du Nord à Outer banks. C’est vachement la mode sur la côte Est d’avoir des longs lopins de terre qui longent la terre façon presqu’île créant un immense lagon entre le continent et l’île. Le long des côtes,  t’as soit des plages publiques, soit des maisons de riches avec leurs plages privées. Il y a beaucoup de riches: du coup, sur la côte Est, c’est galère d’aller à la plage. On a traversé des bleds entiers où les plages n’étaient réservées qu’à leurs habitants. C’est con, de loin les vagues avaient l’air chanmées. Il y a vraiment une vibe différente à l’Est. Ça fait deux semaines que j’y réfléchis, mais j’ai toujours du mal à la décrire, ce que je pourrais dire c’est qu’il n’y a pas ce côté sauvage, hippie, bon-enfant de la côte Ouest. La côte Est, ce n’est pas “fait ce qu’il te plait”, mais plutôt “fait ce qu’on t’autorise à faire”.  Les gens-y sont très différents aussi. Ils y sont accueillants et sympathiques, pas de soucis là-dessus, mais ils sont “chez eux” et nous on est “de passage”, et la frontière est vite établie de la sorte. Alors soyons franc, c’était chouette, mais je m’attendais à mieux. des journées de route pour y arriver, ça liasse le temps de fantasmer. En plus de ça on a pas eu trop de vent, (sauf avant l’Ouragan, mais c’est une autre histoire), un milliard de moustiques hardcores porteurs du virus Zika (gros batards ceux-là) et à l’eau, des requins, nos bons vieux re-fré de toujours (bon heureusement, on les a pas vu). A propos des requins quand tu vas surfer, c’est assez drôle, tous les locaux te rassurent en te disant que c’est safe par ici, que tu n’auras pas de problème, ils te ressortent à coup sûr les statistiques que tu as plus de chance de te faire tuer par une noix de coco tombée d’un cocotier, en revanche, ils portent tous ces nouveaux bracelets magnétiques sensés éloigner les requins (ça coûte 60 balles le grigri quand même). Et quand tu leurs demandes : “pourquoi tu portes ça ?” Alors ils te répondent à peu près tous “Parce que ma femme s’est déjà fais croquer un bout de cuisse alors qu’elle faisait de la plongée. mais c’était à Hawaii”. Me voilà serein. Ma femme ne s’est pas faite croquer, et elle et moi avons quand même apprécié 3 ou 4 jours de très bon surf en longboard dans des petites vagues dodues en attendant l’ouragan. On a dormi sur des parkings à côté des maisons des riches, et l’avantage c’est qu’on a pas eu besoin de mettre le réveil, vu que les flics nous réveillaient en nous demandant de démerder. Mais j’ai l’impression qu’ils étaient plus de notre côté que celui des richous, parce qu’à la fin, j’avais l’impression d’avoir développé une certaine complicité avec les condés, ils ne venaient nous déloger qu’après le petit dej’ et le dernier m’a dit “Mec, achète une canne à pêche et laisse-la trainer devant ton van la nuit, comme ça quand je fais ma ronde, je peux pas venir t’emmerder, vu que tu es sans doute en train de pêcher.[clin d’oeil]”. Je songe sérieusement à écrire un bouquin en leur collaboration “Traverser l’Amérique en bon crevard”, par Sherriff et Pigeon.

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Lake McConaughy, NEBRASKA.

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En plein milieu des US, il y a cet état un peu perdu et assez méconnu : le Nebraska. Alors ne vous attendez pas à ce que je vous dise que c’est l’état le plus incroyable que j’ai visité, non, en réalité je n’en ai aucune idée ,de si le Nebraska est intéressant ou non. On l’a un peu traversé en vitesse, ce n’était pas vraiment dans notre to-do list. Mais bon, par hasard, on nous avait parlé de ce lac, Mc Conaughy Lake, où, apparement, le vent était ok, et quelques kiters du centre trainaient le week-end. Assez d’éléments pour attiser notre curiosité; c’est pas comme-ci on avait un emploi du temps à respecter. On est donc descendus à 9 miles d’Ogallala (ne me demandez pas pourquoi j’ai cité cette ville, peut-être parce que son nom me fait marrer),  pour découvrir une énorme réserve de barrage s’étendant sur des dizaines de kilomètres. Sable fin, eau chaude et vent : carton plein. Nous avons pu faire la connaissance de Gene, Brent, Sarah, Brian, Austin, Morgane et Bob, des locaux du Colorado et Nebraska qui viennent passer tous les week-ends au bord de ce lac atypique. Des gens adorables qui nous ont intégré à leur communauté dès les premiers instants et avec qui nous avons partagé deux jours de vent presque trop fort. Ils étaient fiers de leur lac, de la couleur du sable, des couchés de soleil rougeoyants. Alors je ne dirais pas que c’est ABSOLUMENT l’endroit où aller à tout pris pour une lune de miel, mais si par hasard vous passez par là, prenez le temps du détour, le lac et ses habitants vous accueillerons fort.

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On a traversé les US. C’était long et vide.

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Je pense que je ne m’en étais jamais vraiment rendu compte avant. Les US c’est grand. Si grand. Genre, tu vas me dire “ben ouiiiiiii tu savais pas ?” Non je ne savais pas! je savais seulement qu’il y a 4 zones horaires, qu’un vol Est-Ouest dure environ 5h, qu’il y a 4500km, mais…. Et là tu me dis “Ben oui et du coup t’es surpris, ben t’es con?” Oui je suis putin d’halluciné! t’as déjà passé plus de quatre jours à conduire en t’arrêtant juste pour pisser et dormir (et manger, mal.)? Ben avant de le faire, je ne savais pas ce que c’était les longues distances, je ne savais pas comment me représenter en matière d’espace et de temps la largeur des États-Unis d’Amérique. Alors il y a tout un tas d’adjectifs qui me viennent en tête pour décrire la traversée : beau, désertique, incroyable, trou-du-cul-du-monde, mais je crois que le premier c’est “long”, le deuxième c’est “vide”. Des kilomètres et des kilomètres dans le désert, avec rien. Une station service pour désaltérer Bloublou une fois de temps en temps. Bref, on a quand même découvert des coins incroyables durant certaines de nos hâltes. C’est une expérience. Pas pris beaucoup de photos, car on avait l’impression que tout se ressemblait. On est arrivé un peu fatigué sur la côte Est, en Caroline du Nord et Sud, Et vu que Matthew l’Ouragan arrivait, on a dû repartir. C’est con. mais c’est une autre histoire. Je vous la raconterai un jour.

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Le vrai visage de Yellowstone : Enquête pigeonneuse au coeur du parc le plus visité au monde. (si si).

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Bon, soyons clair, nous ne cherchons pas à vous entourlouper  avec nos jolies photos cadrées là où il le faut, quand il le faut (je ne me jette pas de fleurs, vous allez comprendre dans un instant). Je ne veux pas non plus, dans cet article, dire tout le contraire de ce que je vous ai dis précédemment. Oui Yellowstone est un endroit merveilleux aux mille et une couleurs, aux décors en ébullition et autre “earth candies” ( des fois y’a des expressions anglo comme ça, tellement bien qu’il faut pas les traduire).  Mais il ne faut pas être dupe, et les endroits jolis, il n’y a pas que le Fonky Pigeon qui y va. Du coup allons-y et disons-le, plaignons-nous un bon coup, parce que ça fait longtemps : Yellowstone n’a rien à envier à la Tour Eiffel (et le Saut du Doubs) et ses milliards de bus de touristes. Yellowstone, est ULTRA-SATURÉ. Il y a des touristes partout (partout-partout), des lois partout (partout-partout-partout), et si tu avais l’intention d’observer la nature sauvage, il faut le faire avec 35 Américains-Japonais-Chinois-Européens-Indiens…  derrière toi, à peu près à tout moment. Les seuls moments où t’es vraiment seul, c’est lors de randos un peu éloignées, et là, à ces moments là, tu flippes ta race des ours. #serein. Donc oui en résumé, si tu pensais qu’on était seuls au monde, c’était vrai qu’à 25 pourcents, les autres trois-quart du temps, c’est de l’ingénieuse mise en scène grâce à nos nombreuses compétences artistiques afin de rendre nos vies plus glamours et photogéniques : Yellowstone n’est pas pour les agoraphobes. Yellowstone, c’est le Louvre de la nature. T’as cru que tu serais seul pendant une heure à contempler Mona le Geyser ? On s’est même demandé si par moment, ce n’était pas des employés du parc qui se déguisaient en ours en balançant des “Agrougrou-Agrougrou” pour faire monter le taux d’audimat. Car sous ses airs de “protection de la nature et de sa faune”, le parc est bien resté américo-libéral, et regorge de commerces cachés, supérettes de “dépannage” ( on sait pas qui ça dépanne vraiment une tomate à 2 dollars) et autres campings prisés et chers (et bien sûr, la loi interdit de camper en dehors des endroits désignés: pas cons les mecs). J’ai été très heureux quand nous sommes arrivés à Yellowstone, après quelques jours, je l’ai été encore plus quand on s’est cassé. Parce que oui, je suis capable de camper sur le parking d’un Walmart si il le faut, car j’aime l’authenticité, la vraie, Je traverse l’Amérique pour rencontrer la vraie figure de l’Amérique, sa vraie wildness,  pas un décor en carton sur fond sonore de sauver Willy. Bon je m’emballe un peu, mais je me permets aussi cette critique, car on a déjà un peu roulé notre bosse aux US, et on a fait un certain nombre d’endroits magnifiques, seuls au monde. Alors oui, je recommande Yellowstone, mais en venant en connaissance de cause avec son chapeau de cowboy, et : Oui, vous allez faire la queue 15 minutes pour chier dans des toilettes sèches.

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On a kité le Grand Teton.

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Au sud de Yellowstone, il y a Grand Teton National Park. Oui bon, OK, c’est un peu drôle Grand Teton, je te l’accorde. Ça serait les Français-Canadiens qui seraient à l’origine du nom. Disons qu’ils ont été pragmatiques. Bref, en dessous du Teton, il y a un lac, Jackson Lake, qui est beau et grand et froid. Après avoir passé une semaine à faire les touristes à Yellowstone, et voyant qu’une légère brise s’était levée, nous n’avions que l’oppressante envie d’aller naviguer. Alors c’était pas gagné: dans les parcs nationaux, c’est un peu « fais pas-ci, fais pas-ça, ou le méchant ranger te grondera ». c’est pas la première fois qu’on se fait arrêter alors qu’on ne faisait rien (littéralement, vu qu’on dormait sur un parking en haut d’une montagne en pleine nuit), alors cette fois-ci on est allé demander l’autorisation. Et on l’a eue! BIG TIME. On a donc foncé à l’eau et c’était chanmé. On a gonflé sur les rives (boueuses) marquées des tones d’empreintes de bisons et de loups: on était contents que les animaux ne soient pas là, et puis on a eu notre session épique à 2000m d’altitude.

(la photo de couverture ainsi que la dernière photo ont été prises par Jeanne)

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La fabrique de nuages.

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Oubliez toutes ces sciences enfantines apprises à l’école. Les nuages sont créés ici, à Yellowstone par des puits de toutes les couleurs. En fonction de l’humeur de la Terre, ils seront pluies, orages, cumulonimbus et autres cirrostratus. À Yellowstone, c’est assez surprenant comme tu pourrais retourner ciel et terre sans être vraiment étonné. Interventions divines, dragons endormis, imagine un peu le tas de choses que les gens devaient se raconter dans les chaumières à l’époque. De retour de grandes expéditions, les messages devaient être amplifiés, déformés: “le diable vis là-bas sous la terre de soufre”, “j’ai croisé des animaux se transformant en fumée!”. Moi je peux vous l’assurer, à Yellowstone, j’ai vu le sol s’évaporer. _mg_9630

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Yellowstone, terre brulée = diversité conservée.

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Le problème de ces grands parcs nationaux, c’est le feu. Il arrive assez souvent que ça crame bien violemment. Parfois c’est dû aux erreurs humaines, et là, on a envie d’hurler fort « Mais quel gââââchis ». Parfois, c’est la nature elle-même qui s’enflame toute seule, un petit éclair et boom. Et là, c’est bizarre, mais quand un ranger t’explique que c’est normal, et que ça permet au parc de s’auto réguler, tu penses juste « Ha c’est dommage, mais c’est la nature ». Apparemment, le fait que ça brule, entretient certains habitats nécessaires à certaines espèces et permet aussi de restaurer une certaine diversité du paysage, et que du coup c’est super génial sinon ça deviendrait trop homogène. Ha ben tu m’étonnes, là sûr le coup, ça ressemble plus à la forêt verdoyante pleine d’animaux d’antan. Juste à un immense champs de cendres et de troncs noirs. Je t’en foutrais, moi, de la nécessité du feu, tu veux pas aller aux champignons dans ce merdier. Alors j’imagine que dans notre société toujours trop pressée, on a envie que ça repousse vite, mais la transformation de ce paysage va prendre probablement des dizaines et des dizaines d’années. Alors que ça a cramé en 10h (ça a vraiment le côté frustrant de la cuisine: tu mijotes 3h un bon petit plat, défoncé en 5min par tes convives). Pour les heureux chanceux qui auront pris un snap avant que ça brûle, tant mieux, pour les autres, et bien ils connaitront le sud de Yellowstone comme une terre brûlée. De mon vivant du moins. Peut-être que mes photos seront retrouvées dans 200 ans, et on dira, “Wow t’as vu cette photo super ancienne en 2D basse résolution de 2016, c’est le sud de Yellowstone, tu sais, l’endroit où y’a les bureaux de Total maintenant”.

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Du soufre, mais du beau soufre.

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On s’est baladé à cet endroit assez hallucinant : Mammoth Hot Springs Terraces au Nord de Yellowstone. Bon, le nom te dit peut-être rien, à moi non plus à vrai dire, mais ça fait partie de ces endroits uniques que t’as jamais vu avant. Genre, ce truc existe vraiment sur Terre? No kidding? Du moins, encore maintenant en 2016 l’année de la *****? Du coup, ça te donne vraiment envie de la parcourir, cette Terre, encore un peu plus que tu ne le fais déjà, parce qu’il y a l’air d’en avoir des endroits complètement chaloupés comme celui là dont t’as même pas idée, dont t’as même pas les mots pour trouver les images dans google. Et puis même si tu les trouves dans ces listes stupides qui trainent sur facebook ou dans les powerpoints oldschools que t’envoie ton grand oncle éloigné (celui qui a l’adresse tonton67@aol.fr) du genre « les 30 endroits insolites de la planète », et bien je peux t’assurer qu’en vrai, c’est une autre affaire! Sans photoshop, sans effets spéciaux, ces endroits sentent fort l’authentique, et celui là en l’occurence le souffre. Je ne rentrerai pas dans les détails scientifiques de la composition géologique et chimique de tous ces machins là, j’aurais peur de faire une erreur et de me le voir reprocher. En revanche, si en commentaire vous voulez me dropper vos adresses désuètes tiscali, lycos et autres club-internet, on rigolera bien tous ensemble, et je pourrai vous envoyer le prochain article en point Pépété !

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Des chiées de bisons à Yellowstone.

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Yellowstone, c’est un peu LE parc national numéro 1 des States. Voir les mecs disent que c’est le parc naturel numéro 1 au MONDE. Bon cette fois-ci je veux bien donner crédits aux Américains, parce qu’avec sa surface de 2.2millions d’acres, sa multitude de bestioles plus ou moins dangereuses et ses décors hallucinants, je comprends pourquoi une grande partie de la terre vole aux Amériques juste pour visiter ce lopin de terre en Wyoming, à la frontière du Montana (c’est à peu prêt au milieu des US). 2 200 000 Acres, ça ne se visite pas en une journée. alors vu qu’on se barrera par le sud à la fin de la semaine on a décidé de commencer par le nord. Rejoindre le nord depuis l’entrée ouest : 110km. hey ouais,c’est  comme faire l’aller-retour Morteau-Besancon. Ça nous aura pris l’après-midi complète : pourquoi ? Parce que tous les 5km un troupeau de Bisons traversait la route. Sauvage n’est-ce-pas ? On se serait cru en Inde, sauf que les Bisons, ils font un peu plus flipper que les vaches anorexiques, même si ils ont quand même ce côté “puissance-sereine”, ils gardent au fond de leurs yeux cette intensité de “viens pas me faire chier”. Donc on aura pas encore randonné à Yellowstone, on verra ça demain, mais en tous les cas, on aura eu notre quota pour une vie en matière de bisons sauvages en liberté.

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L’Idaho, on y dort juste et on change ses pneus.

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Bon, je cherche pas à être réducteur, et c’est peut-être aussi qu’on lui a pas donné plus de chance que ça, mais, on va dire que l’état d’Idaho restera plutôt anecdotique sur notre trip. Coincé entre deux états complètement hallucinants, L’Oregon et le Wyoming: le seul souvenir que je garde de cette traversée en 2 journées, c’est cette situation absurde au Walmart, avec les vendeurs du département auto, où j’ai fait changé mes pneus pour plus de sûreté (on vieillit). Voici la retranscription écrite et traduite maladroitement:

« – F-L-O-R-I-A-N », bien que je continue de dire Flo, pour certains trucs administratifs, mon nom complet est requis. Le vendeur en face de moi tente de prononcer mon nom, mais par chance ultime le manager derrière son dos lui coupe court la parole:
« -Hey Mike, tu sais au moins d’où vient ce nom ?

-Pour sûr Will, c’est français. Je l’ai vu à sa plaque d’immatriculation, il vient du Canada, ils parlent français là bas.

– Il vient de Colombie-Britanique! Ils sont prisonnier des anglais ceux-là, british ça sonne français pour toi ? je peux t’assurer qu’ils parlent pas français les Anglais. T’as vu des Anglais parler français? C’est au Québec qu’ils parlent français. »

Mike, me regardant, incrédule : « – Ca parle pas français au Canada ? »

Moi : « – Heu si, mais pas en BC, au Québec, bien qu’il y ait quelques franco… »

Will : « – tu vois ? Je te l’avais dis »

Mike : « – DAMN, j’en apprends tous les jours »

Will: « – J’ai été à Vancouver l’été dernier, avec ma femme. y’avait des mûres le long des routes, des mûres grosses comme mon poing. (Mike mime la mûre grosse comme son poing et se frotte le ventre.) partout partout partout. C’est sauvage la Colombie-Britanique. Partout partout partout. Si jte dis !

Mike: « – Vancouver en Washington?

– Non, Vancouver, BC, au Canada

– HA ? Et les mûres elles étaient bonnes? Grosses comme ça? (à son tour Mike serre son poing devant son visage et mime la mûre Canadienne)

– Hell yes.

– damn, et t’en a ramené?

– ben non t’as pas le droit à la douane. »

Mike me regardant: « – HA bon? »

Moi: « – ben non, c’est con. Mais c’est vrai que les mû… »

Mike: « – HA ben, j’irai pas alors. Bon ben ça fera $104.94. Au fait tu es né où au Canada du coup? Au Québec?

– Je suis Français. »

Mike and Will: « – DAMN, c’est donc pour ça que tu parles Français ?

– Je crois…”

Un peu en état de choc, ils m’ont finalement laissé partir. ils avaient tous les deux les poings serrés façon mûre, et je sens qu’ils n’avaient pas fini d’en débattre. Bon, je n’allais pas vous mettre des photos de Mike et Will, alors voici quelques photos de lieux où nous avons dormi sur la route en Idaho. Cherchez notre van Bloublou. d’ailleurs on a un hashtag sur un Instagram : #outofthebloublou

À bientôt.

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J’ai quitté mon taff, je me suis marié et on est parti voyager.

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Bah, oui ça fait un bail. mais j’ai pas chaumé. Commençons par le commencement, je crois que j’en avais juste marre de ce taff. Pourtant je l’ai choisi, je l’ai étudié et je l’ai aimé. Peut-être que c’est simplement temporaire aussi, faire une pause comme on dit. Bref j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai posé ma démission. La moitié d’entre vous se disent « courage ? L.O.L ». Oui effectivement c’est pas facile moralement de passer d’un statut de Cadre à un statut de Rien. C’est pour moi une métamorphose car le problème c’est que c’est pas facile de sortir du cadre, alors qu’à partir de rien, on fait tout. Alors j’y suis, ça y est. Mon boss m’a laissé partir. C’était pas facile mais il m’a quand même invité à dîner pour me remercier de mon travail. Moi le déserteur. J’ai laissé mes collègues dans la tempête des projets infaisables, partant sur mon radeau d’ambition. J’en pouvais plus d’attendre le week-end dès le lundi matin, crevé comme un chien d’être rentré de mes deux jours de paradis dans la nuit. J’en pouvais plus de passer ma journée à fantasmer de l’utilisation future de mon temps libre, pour finalement, le soir me vautrer sur le canapé, vidé de toute ambition (à part Netflix). Alors j’ai adouci ma transition, quelques semaines avant mon départ, j’ai demandé à passer à mi-temps. Ayant travaillé presque 80h par semaine le projet précédent, c’est bien passé. 3 jours par semaine. Je peux vous dire que ça change la vie. Ça aussi ça prend du courage à demander, parce que tous mes potes m’enviaient mais ils sont rares ceux qui l’ont tenté. Et puis bosser à mi-temps dans un studio d’animation, c’est un peu comme être en stage de 3ème, tu sers à rien à la compagnie, on peut pas compter sur toi, t’es jamais là. Donc il fallait abréger les souffrances de tout le monde. JE SUIS PARTI. Ha la bonne heure! J’avais déjà fait ça il y a quelques années, dans une autre compagnie, c’est ma petite signature, mon petit plaisir : j’ai arrangé ma date de départ pour le 16 juin, histoire de m’offrir la liberté comme cadeau le jour de mon anniversaire. Ho qu’il est bon. Le gros cadeau. Bon depuis le 16 juin, j’ai pas rien foutu, j’ai voyagé, kité, surfé, randonné, fêté, bossé (je vous raconterai dans un autre épisode comment maintenant je travaille à mon compte et que je vis comme je veux quand je veux) mais surtout, je me suis marié. Ça parait pas grand chose comme ça, mais ça rend mon bonheur plus heureux, c’est comme pour celui qui jouait du piano debout, pour moi, ça voulait dire beaucoup, et pour l’annecdote, je vous assure que de pouvoir parler de sa conjointe en utilisant le mot “femme”, ça rend crédible au sein de la société, même pour un jeune aux cheveux longs sans CDI. Bref, le fun, le grand amour, la maturité des presque 30 ans en moins, la débilité et l’insouciance qu’offre la liberté, on se sent comme des adolescents en première année de fac de psycho : légers et excités a.k.a : le monde nous appartient, tu peux pas test’, on s’en bat lek’, demain tout ira bien tu verras. Je me sens assez bien d’écrire ces lignes, depuis le café au bord de l’eau à Hood River, Oregon, où je vois le vent se lever : dans quelques minutes, on fermera l’ordi, et on ira kiter. On est parti de Vancouver cette semaine, dans le but de rejoindre la côte Est des États-Unis, pour un voyage plus ou moins indéfini : en destination, en durée, en finalité. Là où le vent nous portera.

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Papa.

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Papa c’est toi qui a été formidable,
tu m’as légué tes passions, ton savoir, tes envies, ton honneur, tes ambitions.
Tu m’as transmis cet esprit d’entreprendre, et de ne rien laisser de côté. C’est ton énergie, c’est notre énergie de ne jamais s’arrêter, de vivre sa vie, et de la vivre avec passion.
Tu m’as expliqué qu’être vivant voulait dire aimer.
Pour moi papa, tu as été un modèle. Quand j’étais petit tu étais mon super-heros, Maintenant que je suis un peu grand, tu es mon inspiration, mon philosophe.
Un jour, j’espère que je serai comme toi, et que moi aussi, je pourrai avec fierté regarder derrière moi et me dire que j’ai fait de belles choses, pour les autres et pour moi, me dire que j’ai changé la vie de certaines personnes aussi. J’espère avoir un fils pour être “toi”. tu as dit peu de jours avant ton départ : “Florian, Jeanne, une naissance”; J’espère que tu la verras d’une manière ou d’une autre.

Tes derniers mots, pour Jeanne et moi, ont été : “Vous êtes venus de si loin pour me dire au revoir…” Jamais je n’oublierai le sourire que tu m’as offert emporté par une joie comme j’en n’en avait jamais vu. Un peu comme si tu avais demandé au bateau de t’attendre quelques heures de plus : « mais si, ils vont venir, je sais qu’il est l’heure d’y aller; j’arrive, donnez moi encore un instant ».
Je pense quand même que ton départ était un peu trop en avance, mais bon tu n’as jamais aimé être en retard. Et les longs adieux, c’était pas ton truc non plus.

C’est toi qui est si loin maintenant, et il n’y a pas d’avion pour venir te voir, mais ton sourire et ta force brilleront encore et toujours en moi. Je vais pas te le cacher papa, c’est dur, Je ne suis pas un gros dur à la base, là, j’encaisse comme je peux. Tu me manques, tu nous manques. T’as laissé un vide immense. mais t’inquiètes, on va s’accrocher, on ne va pas tomber dedans, on est bien soudés comme tu nous l’as appris, et quand l’un de nous glisse, l’autre est là pour lui tenir la main.

Allez, repose-toi bien, amuse-toi bien où que tu sois, et je sais que t’aimais bien imprimer tous mes articles de blogs et me laisser un petit commentaire, c’est pour ca que j’ai mis du temps à écrire celui-là je crois, mais t’inquiète pas, on s’en chargera pour toi.

Je t’aime.

Ton fils.

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