La bretagne.

by FonkyPigeon

Alors c’est sûr que ce n’est pas très accrocheur comme titre d’article, et que ça fait moins rêver que « Pondichery » ou « Goa », mais je dois vous avouer que c’était la première fois pour moi, que je mettais les pieds chez les bretons ( enfin il parait que j’y suis allé petit, mais ce genre de souvenirs ne comptent pas, j’étais pas conscient) . J’ai retrouvé deux mails que j’avais envoyés à mon amis Breton, Jean-François, dans lesquels je lui transmettais mes impressions face à ce territoire étrange. C’est quand même fou d’aller travailler à 8000km de la France, dans un pays étranger, alors qu’on ne connait pas son propre pays, mais c’est rassurant de savoir qu’il reste encore beaucoup de curiosités à découvrir.

le 26 août 2012 :

Cher Jean-Français,

Aujourd’hui c’est mon premier jour en bretagne, et je t’avoue être un peu rassuré, car il n’y pas de grosses madames qui courent partout avec des coiffes. En revanche, je me suis retrouvé nez à nez avec un poney nain et un épagneul nain, bretons ces croisements ?. On m’a ensuite engueulé parce que je disais qu’il pleuvait… Selon les bretons l’eau qui tombe du ciel n’est pas de la pluie si il n’y en pas assez pour simuler la marrée haute. Et vu que c’était marrée basse, on m’a forcé à boire du chouchen et de la bière au blé noir… Les noms de bleds partout autour de moi ont des consonances étranges en « en », depuis l’Inde je ne m’étais jamais senti autant à l’étranger. Sur la table de la maison-az-em où j’ai posé mon baluchonzonem pour la nuit-breizh, est posé une cornemuse et un biniou. J’éspère ne pas me faire attaquer pendant la nuit par des galettes-garous venant du festnoz d’à côté, car j’ai vraiment envie de te raconter ma journée de demain, dans ton pays étrange !

Je t’embrasse,

F.

le 27 août 2012 :

Cher Jean-Françeizh,

La transformation s’opère lentement. J’ai perdu la notion du soleil, mais mes nerfs tiennent le coup. Lorsque j’ouvre le frigo, je me retrouve nez à nez avec du cidre, du breizh-cola, et le fond de pâte de farine de blé noir que nous avons utilisé sur la bilik ce midi. Ah si tu savais comme le saint-doux et le demi-sel ont fondu à flot.
Je passe les pâtés hennaff, yaourts malo et autres localeries présentes. Ce matin, c’est à la bombarde qu’on m’a réveillé. Cette après midi, j’ai conduit à travers le désert du Finistère pour me rentre à la pointe du raz. M’étant fait remarquer plus tôt que les ‘z’ ne se prononcent pas, je me suis demandé si le ‘nez’ était un mot d’origine bretonne, car le raz est un peu à la france ce que l’italie est au pied de l’europe. Mais cessons cette digression pour ce magnifique cliché breton : pluie et vent étaient au rendez vous. 18degrés, trempé, je n’ai pas pu apercevoir le bout de l’ile de sein, mais c’est comme ça qu’il faut le visiter non ? Nous nous sommes réconfortés dans une biscuiterie bretonne où j’ai mangé un morceau de kougnaman, de la taille d’un carré de chocolat, mais qui a suffit à me faire jeûner le soir même. que d’émotion et de découverte. Je fini cette journée sur une bière de la duchesse anne, et je te dis : yech’ed mat !

Kenavo,

F.

Ps: sous mon gite au pied du phare, j’ai pu méditer longuement sûr l’utilisation touristique de votre langue ancestrale. J’ai très hâte d’en débattre avec toi à mon retour.

(j’ai perdu mes photos, celles-ci sont de Jeanne. )