The fonky pigeon's diary
Des news, des photos &des kabouings… Par le fonky P ! ( avec un "O" à fOnky !)

Le Mont-Royal.

Ah! Le Mont-Royal. Le Mont-Royal… quelle fierté Montréalaise. Il y a même soi-disant une loi qui interdirait toute nouvelle construction dans la ville, si ce nouveau building obturait la vue sur le Mont-Royal. Bref, c’est un peu le point culminant de la ville. Mais détrompez vous, le Mont-Royal est plus « Montmartre » que « Mont-Blanc », si ce n’est qu’il est recouvert, tout de même, de neige, et non de parisiens. Les Québécois aiment s’y promener en vélo, à pied, en ski de fond. oui, en ski de fond. Des légendes disent même que certains intrépides le descendraient en snowboard. J’aurais volontiers appelé cette piste « la souris » ou « l’écureuil » en hommage à toutes les pistes vertes débutantes des stations alpines. Bref, j’ai râlé, râlé pendant la montée, parce que je trouvais qu’on me l’avait sur-vendu cet esty de « Mont-Tabernak ». Mais arrivé en haut, j’ai compris. Même si cette butte en elle même n’a visuellement que peu de cachet, le Mont « Royal » prit tout son sens, lorsque au sommet je fut. Je compris quand je vis la vue interminable sur la ville, haut perché, c’était évident, c’était moi, c’était moi le roi.

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Instants de vie Québécois.

L’hiver, le vrai. Atterrir à Montréal par -27 degrés. Pousser la porte de l’aéroport et ne pas réussir à respirer, poumons gelés. Arriver un premier Janvier chez ses amis, se sentir à la maison. Se promener dans la ville glacée. Se vautrer par terre. Aller faire le plein de sa moto-neige. Voir de l’art, t’en a partout de l’art, au Québec aussi. Faire des glissades en rafting sur la neige en hurlant « c’est malade ». Finir dans un motel pourri au bord de la route à regarder une rediffusion du dernier concert d’Elvis. Nourrir des Élans dans la forêt en patinant. Trouver le réconfort et la chaleur auprès d’un chat, car dehors il fait si froid. Et puis boire une bonne bière Québécoise, on l’a bien mérité. Ah oui, et j’oubliais : Bonne Année.

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Les gens qui ont des problèmes, prennent le bus.

C’est en prenant ce bus entre Banff et Vancouver que j’ai rencontré cette étrange population. Il y a ce maigre mec devant moi, qui a la peau rongée par je ne sais quels abus de substances; il n’arrête pas de se débattre sur son siège me réveillant toutes les 5 minutes, il porte une casquette « safe by choice, not by accident », et je n’arrive toujours pas à comprendre le sens figuré de ce slogan sur sa tête usée. il n’arrête pas de sortir des sacs de sacs, d’enlever son pull, puis de le remettre, de se retourner pour me regarder en mode  » t’es vraiment la ? » et marmonne d’une voix aiguë tout seul quelque mots incompréhensibles. C’est toujours le premier debout pour se griller une tige dès que le bus marque un arrêt. En second, droit derrière lui pour la pause cigarette il y a ce mec qui a cette allure qui dit d’elle même, « de toute manière j’en ai plus rien à foutre », lui, il en fume plusieurs jusqu’à ce que le chauffeur referme les portes et démarre pour lui faire comprendre qu’on doit repartir. J’avais eu tout de même ce pressentiment, que le voyage allait être cheloud quand j’ai vu descendre cette vieille dame du Bus, à 22h quand il est arrivé pour nous prendre. Cheveux blancs courts, peau marquée par l’âge, démarche transite par le froid et les années, j’aurais dis 80 balais; mais alors, au moment où j’ai commencé à penser « la pauvre, par ce froid et cette heure tout de même… » La voilà qui s’allume elle aussi une grosse malbac, et se met à discuter avec les jeunes à casquettes-capuche-fausses-cicatrices-aux-sourcils. Ah bon, ben ça va. À côté de moi, il y a cette nana qui n’arrive pas à se réchauffer, en même temps il fait -36 dehors. Elle aussi elle sort fumer à tous les arrêts, mais après avoir fumé, elle revient et comme un rituel, elle gratte un genre de bingo avec beaucoup de cases. On peut lire à son regard que sa vie n’a pas l’air d’être facile, et elle gratte, lentement, chaque case, avec cette même détermination non-chalante qui dit « aller courage ça va aller, un jour on y arrivera ». malheureusement elle ne gagne pas. Juste devant elle, il y a ce type, la trente-cinquaine, avec à côté de lui un enfant, 3 ans je dirais. Probablement son fils, il dort, lui le « Père » n’as pas fermé l’œil du trajet, et il regarde son fils inquiet, le regard dans le vide, perdu dans ses problèmes. Le seul moment où il quitte son fils, c’est pour suivre les autres s’en griller une, mais il ramène toujours un biberon chaud. Le chauffeur roule à vive allure, on sent le bus glisser sur quelques plaques de neige, et l’odeur de tabac froid rend la scène surnaturelle. Ce bus est remplis de soucis, de stress et de remords, personne n’a l’air très bien dans sa peau, mais en même temps, ça fait déjà 8h qu’on roule, personne ne peut être bien après 8h compacté dans un bus. Nous aussi au final on a fini dans ce bus par fatalité d’avoir abandonné notre voiture, mais visiblement les gens ont plus de problèmes que nous, et les gens qui ont des problèmes, bah, visiblement ils prennent le bus.

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Résigné à l’abandon

On aurait pu attendre mardi. Que le garage reçoive la pièce. Mais ça n’aurait pas été possible, on avait des avions à prendre à Vancouver, et déjà que le prix de la réparation n’a rien à envier au prix d’un produit haut de gamme chez Apple, le prix de changement de billet d’avion, plus quelques nuits d’hôtel à Banff, nous ont fait prendre cette dure décision qu’est d’abandonner la voiture. J’ai passé un deal avec le garagiste, que le week-end me porterait conseil, et soit je l’appellerais pour qu’il envoie mon cher Van à la casse, soit je viendrais le rechercher dans quelques mois, quand j’aurai le temps. Je ne m’étais pas encore confronté à ce genre de dilemme. À 1000km de la maison, sans assurance française de qualité, rien à faire, j’ai capitulé. Alors on a acheté les billets de bus, et puis on a attendu longtemps dans le froid, parce qu’il était bien sûr en retard, et enfin, nous avons quitté Banff et ses -36 degrés. Mais tout de même, j’ai un peu de mal à rester serein. Dans 13h nous serrons à Vancouver.

Banff jour 3 : bloqué dans les Rocheuses.

Je l’avais prédit. Mais bon je suis pas assez superstitieux pour croire à mes propres intuitions. Mais je me disais bien que mon vieux Van de 20 ans qui m’a déjà coûté plus cher de réparations que le prix à l’achat, n’allait pas faire long feu par -36 degrés dans les Rocheuses. Ce matin, je me suis réveillé nauséeux. Et bien ma voiture aussi n’a pas bien dormi. Elle a gelé, le Lehmann s’est cassé. Nous sommes bloqués. Je suis déjà relativement mauvais en mécanique, mais en anglais c’est dur de s’expliquer sans les termes, et puis par ce froid, manipuler un tournevis avec des gants, c’est pas joué. J’ai regardé sur Youtube ces vidéos dont les titres sont « démarrer une voiture sans les clés » où les mecs, aux accents des banlieues parisiennes, t’expliquent comment démarrer la caisse avec un tournevis ou des fils, mais qu’il faut faire ça que sur sa voiture. Bref, après avoir poireauté quelques minutes, tenté d’insérer un tournevis sans succès dans l’encoche du Lehmann, je me suis dit qu’il n’y avait qu’une solution pour les guignols comme moi : j’ai appelé le dépanneur.

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Banff jour 2 : un Disney-village.

Banff est un village situé dans les Rocheuses, à la frontière entre l’état de la Colombie Britannique et celui de l’Alberta. Dans le genre mignon, village de montagne en carton uniquement peuplé de restos, magasins et hôtels, mais où il fait bon vivre, surtout aux endroits chauffés. Je suis pas sûr qu’on ait choisi la meilleure saison pour y aller, bon Ok, on a fait du ski, à Sunshine et Norquay (les deux stations les plus proches), mais à part ça, les -35 degrés nous ont empêché de faire quoi que ce soit d’autre. -35 degrés, pour ceux qui connaissent pas, c’est quand tu commences à avoir mal à la gorge juste en respirant. C’est quand tes sourcils se couvrent de givre en quelques minutes, et chaque partie de ton corps non suffisamment emmitouflée commence à picoter au bout de 10 minutes. Mais c’est bon pour la peau. Je crois. L’autre point étonnant de Banff, c’est qu’il n’y a pas de locaux là bas, ou très peu, mais surtout des saisonniers venant de partout dans le monde, les canadiens ne sont pas assez fous pour y vivre. Du coup ça donne un côté assez business Disneyland, mais au moins, il n’y a pas cette haine du local envers le touriste que l’on retrouve dans les stations balnéaires françaises. Non vraiment une parfaite ambiance de vacances en montagne, et nous, les parfaits touristes, près à se réchauffer de la chaleur de notre carte bleue qui crame.

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Banff jour 1 : Une jolie route

On est bien sûr partis trop tard, mais bon, pour une fois qu’on faisait une petite fête la veille à la maison, et puis peut importe, c’est les vacances, si il y a bien un truc que j’aime pas, c’est me mettre la pression pour partir en vacances. Alors on est partis trop tard. Pour traverser la Colombie Britannique, faut prendre cette route qui te dit « attention, vérifiez votre plein, prochaine station dans 150km. » Et effectivement, y’a rien. Pas une habitation, pas un signe de vie humaine. Un désert de plus en plus froid. Des panneaux prévenant de la présence d’élans, de loups et d’ours. J’avais acheté des chaînes pour pneus avant de partir, en me disant que le fait de les avoir me conjurerait de les utiliser, mais non. Mes pneus d’été n’ont pas fait long feu sur les premiers cols. Nous avons fait notre première étape à Penticton, un petit bled pas terrible à côté de Kelowna. Et puis à cause de la neige, on a pas eu le temps de faire trop les touristes si on voulait être à temps à Banff. Environ 15h en tout pour venir à bout des 900km qui séparent Vancouver de l’Alberta. La route ressemble à celle entre Villers le lac et Morteau sous la neige. Chouette aventure, c’est parti.

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Douce semaine en image.

Une vie canadienne qui gèle les doigts et qui réchauffe le cœur. Des instants simples dans cette vie si complexe. Respirer est un concept trop oublié. Le stress est à la mode, on pense au stress, on vit le stress. Et pourtant si on regarde bien, si on s’offre le luxe d’un arrêt sur image, alors il est palpable. Le bonheur est là, il faut juste prendre le temps de l’observer.

J’ai par ailleurs un autre récent petit site sur lequel je publie des photos prises avec mon téléphone portable, dont sont issues celles ci-dessous. Sans texte, ou juste quelques mots. Autre moyen pour moi de m’exprimer.
C’est ici, clique fort :
fonkypigeon.vsco.co

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My deer.

Il a fallu que je fasse demi-tour, car Jeanne m’avait hurlé dessus « y’a un cerf au bord de la route!!! Il avait l’air étrange , faut qu’on aille voir ». Je suis d’habitude dubitatif, car Jeanne voit des animaux partout, et de toute manière le cerf se serait juste barré en nous voyant revenir. Bref, après tout, on n’avait rien d’autre à faire et c’est cool les cerfs. Alors j’ai fait demi-tour et repris la route pour le sommet de mont Cypress. « Ahhhhh lààà ! Tu vois ? ». Merde alors, il y avait bien un jeune cerf dans le caniveau, allongé qui nous regardait avec ses grands yeux noirs, et qui avait l’air de dire : « mec, je suis vraiment trop dans le mal, fait quelque chose pour moi, mais en même temps m’approche pas trop, parce que tu me fous les chocottes ». Jeanne a commencé à essayer de lui filer de l’eau. C’est sacrément technique de filer de l’eau à un cerf mourant, c’est pas genre : « tiens buddy, bois une bonne lampée… », non là c’était plus en mode « j’en reverse partout en tentant d’en mettre dans ma main, pendant que j’approche le cerf doucement ». Mais à un moment le cerf à vraiment flippé et a essayé de se barrer… Et c’est là qu’on s’est rendu compte qu’il avait au moins deux pattes cassées. Là a commencé le bazar. Jeanne était affolée de pitié, pendant que j’essayais de joindre la police et les ONG. La police m’a mis en relation avec un type mi-flic mi-garde-forestier. Celui ci m’a dit qu’il viendrait voir le lendemain matin. Bref, on a dit ciao à Bambi en espérant qu’il se fasse pas bouffer par un ours pendant la nuit. Le lendemain, le flic m’a appelé pour me donner rendez-vous à 11h. Quand nous sommes arrivés, l’estafette-pickup était déjà là, deux flics regardant le fossé. Ils nous ont salué, nous remerciant de l’appel de la veille, et puis, c’était trop tard, ils lui avaient mis une balle dans la tête. Ne pouvant pas le soigner, et n’étant pas une espèce en voie de disparition, le garde-forestier m’a expliqué que le mieux à faire était d’abréger ses souffrances. Je n’ai pas voulu débattre de l’euthanasie avec lui, et encore moins de Brigitte Bardot. Ça faisait bizarre quand même d’avoir vu cette bête vivante hier et morte aujourd’hui. J’ai regardé les mecs hisser la carcasse dans le pick-up, et je leur ai quand même demandé ce qu’ils allaient en faire, et si je pouvais pas avoir un steak ou deux. Ils m’ont alors proposé de me donner la bête. Ça aurait été pas mal, mais je me suis imaginé vider et dépecer le cerf dans ma salle de bain, et ça m’a refroidi, et puis Jeanne aurait jamais voulu en bouffer, et ça serait pas rentré dans le congélo. J’ai poliment décliné l’offre et je suis remonté dans mon Van. Quelle drôle d’histoire. Pauvre bête, on l’aura juste aidé à se faire descendre plus vite. _MG_6631 20131111-170336.jpg 20131111-170221.jpg

Le bus 22.

Quand sur Vancouver il pleut,
Le matin je prends le bus 22.
L’attente est longue, tu es souvent en retard;
Ce matin, ça va, j’ ai été veinard.

Oh! Roule! Roule chauffeur!
Je te jure, je n’ai pas peur.
Même si j’ai des haut-le-cœur,
Avec toi, je suis sûr d’arriver à l’heure.

À chaque fois, à l’arrêt tu me vois,
Mais parfois tu ne t’arrêtes pas.
Je cours au désespoir après toi,
Dans le rétro, tu me dis « casse toi ».

Mais lorsque alors tu m’ouvres tes portes,
Je sais que les sensations vont être fortes.
La tension monte, je valide mon ticket,
Et c’est parti pour l’intrépide trajet.

Oh! Roule! Roule chauffeur!
Je te jure, je n’ai pas peur.
Même si j’ai des haut-le-cœur,
Avec toi, je suis sûr d’arriver à l’heure.

La vieille dame de devant est tombée,
Quand tu as soudainement pilé.
La jeune femme à renversé, sur moi, son café,
Quand brusquement tu as tourné.

Au fond le bébé pleure,
Sa maman c’est fait assomer,
Par ce type déséquilibré,
Au gabarit de camionneur.

Oh! Roule! Roule chauffeur!
Je te jure, je n’ai pas peur.
Même si j’ai des haut-le-cœur,
Avec toi, je suis sûr d’arriver à l’heure.

Dehors, les automobilistes affolés,
S’arrêtent pour te laisser passer.
Dehors, les cyclistes en danger,
Sautent de leurs selles pour t’éviter.

Et dans la ville figée tu t’es faufillé,
Plus que quelques mètres et ce sera terminé.
Richards street apparaît subitement au loin,
Retentissent stridament tes plaquettes de frein.

Oh! Roule! Roule chauffeur!
Je te jure, je n’ai pas peur.
Même si j’ai des haut-le-cœur,
Avec toi, je suis sûr d’arriver à l’heure.

Quand sur Vancouver il pleut,
Le matin je prends le bus 22.
Ce matin encore je suis en avance.
Ce matin encore je suis en vie, quelle chance.

Fonky De Pigeon (1988-…), »Les vies Vancouverites. »

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