The fonky pigeon's diary
Le Fonky Pigeon vous offre ici ses pensées, ses kiffs et coups de gueule, sa vie quoi.

Une nuit dans le désert, où l’immensité est presque mystique.

C’est en voyageant dans le désert que cette théorie qui dit que la terre est plate m’a parue plausible. Ici même la courbure de la Terre n’existe plus. Seul le vide, troublé par quelques mirages, nous y sommes presque mon bon Milou, mais non pas encore. Parce que trop fatigué de conduire, et à des centaines de kilomètres de toute civilisation, nous avons décidé de nous arrêter au beau milieu du désert californien et de camper pour la nuit. Un sacré contraste après une nuit sensoriellement bruyante à Las Vegas. L’endroit parfait pour se faire un bon feu et observer l’immensité et le silence. Si mon van avait été une diligence, on aurait pu se croire dans un bon western movie, avec ce petit côté angoissant de se faire attaquer par quelques bêtes sauvages, mais aussi ce sentiment de liberté. En tous les cas, je suis sûr d’une chose, aux États-Unis il y a de la place, beaucoup de place._MG_7755 _MG_7765 _MG_7769 _MG_7771

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Un village abandonné dans le désert du Nevada : un décor de malade.

Ruelles désertes, vent balayant quelques arbustes secs déracinés. Seul le bruit de quelques portes dégondées grinçantes et de corbeaux à la recherche de la moindre vie à manger. Il y a bien longtemps que les gens ont fuit ce petit village de Nelson dans le Nevada, depuis que les mines d’or sont vides. On raconte qu’à l’époque il régnait ici une ambiance hostile due à des désaccords sur les propriétés minières, et on n’hésitait pas à régler ses différents à l’aide de son six-coups. La mine a produit plusieurs millions de dollars d’or, de cuivre et de plomb de 1858 à 1945.

Des villages abandonnés (appellés Ghost Towns = villages fantômes) il y en a des centaines dans les déserts américains, et c’est plutôt excitant de partir à la recherche de ceux-ci. La plupart d’entre eux sont juste constitués de quelques ruines ou alors d’une maison ou deux. Celui-là, Nelson, il y ferait presque bon vivre, mais c’est parce qu’un vieil habitant du bled d’à côté utilise la totalité de sa retraite pour l’entretenir. On a pu discuter avec lui, il va toutes les semaines aux quatre coins du farwest récupérer des enseignes vintages, des carcasses de voitures et autres vieilleries pour les déposer là, à Nelson, et offrir toujours un peu plus d’authenticité à ces amis fantômes.

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De Zion à Babylone. Las Vegas selon St Pigeon.

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1.Et au dixième jour du pèlerinage, St Thomas, Ste Jeanne et St Pigeon quittèrent Zion (ceux qui ont manquez l’article sur Zion c’est ici), ses montagnes où les anges ne cessaient d’atterrir, les biches broutant l’herbe immaculée et les bedeaux souriant pour rien, vivant en communion avec la nature dans ce royaume de l’eden.

2.Après quelques kilomètres seulement, les traces du malin apparurent, sous forme de « M » jaunes. La foi de nos trois pèlerins commençait à diminuer. Les rivières se transformèrent en coca. L’un d’eux bu l’eau noire comme la cendre, piquante comme le feu. Il dit: « -oh mon dieu, ceci n’est pas ton sang, mais c’est SI bon! » Le deuxième croqua dans la chair de vache élevée aux stéroïdes et s’exclama : « -Oh mon dieu, ceci n’est pas ton corps, c’est un big mac! » La troisième n’en voulu pas et demanda: « -Mon seigneur, si ton corps n’est pas sans gluten et que ton sang n’est pas sans alcool, comment alors pourrais-je me sustenter ? »

3. La terre devint de plus en plus aride et sèche et ils en souffraient mais après de longues heures de route, ils aperçurent les ébauches fumantes de la grande Babylone respirant telle une valve sur les entrailles de notre terre, tous trois dirent: « -Ah, enfin. Pourvu que notre auberge ait la clim’ et une piscine ».

4. Alors ils pénétrèrent dans l’antre interdite et leurs yeux souffrirent. Ce qu’ils virent là bas ne se raconte pas. Des centaines de harpies vendaient leurs corps pour la modique somme de 69.99$, des démons aux allures de gros touristes roses buvaient des daiquiris et margaritas jusqu’à la déraison, l’odeur âcre de l’argent tombant de bustes métalliques, amputés à un bras. Les passants avaient arrêté de respirer pour consommer, pour pactiser avec le diable.

5. Et à la façon d’un corps ouvert à vif, la cité grouillait de ses artères lumineuses et malsaines, temple du vice et de la débauche.

6.St Thomas, Ste Jeanne et St Pigeon firent un pacte : « ce qui se passe à Babylone, reste à Babylone ».

7. Censuré.

8.Au 11ème jour au matin nos pèlerins reprirent leur route, la tête meurtrie par leurs péchés de la veille, sans le sou en poche, mais avec l’ultime conviction de résurrection.

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Zion National Park : le paradis mormon est joli.

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Durant notre super roadtrip, je n’ai pas toujours eu accès à internet, et surtout pas eu le temps d’écrire ou de poster des photos, du coup, rétrospectivement, voici la suite de nos aventures.

Zion est un parc national du sud de l’Utah, pas très loin de l’Arizona et du Nevada. ils l’ont appelé Zion selon cet ancien mot d’hébreu qui veut dire « refuge » ou « sanctuaire ».  Zion c’est aussi un des noms de Jérusalem. Pour les rastafaris c’est un genre de paradis. quant aux mormons, c’est l’endroit où leur messie atterrira lorsqu’il reviendra du ciel. ça fait quand même pas mal de possibilités, mais vu que la population de l’Utah est constituée à 58% de mormons, je présume que la dernière hypothèse est la bonne. On a fait ce fameux trek « Angel’s landing », celui qui mène tout en haut du point culminant du parc, et c’est vrai que c’était pas mal, ça me dérangerait pas d’être un messie et d’atterrir par là, je me dirais « ha ben ça va, y’a encore des endroits sur terre qui ont de la gueule ».

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420 : La fête du cannabis de Vancouver, le jour où la police s’en fout.

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Hier c’était Pâques, donc joyeuses Pâques à ceux que ça importe. Bref, passons aux choses sérieuses : on m’avait dit que la ville de Vancouver organisait un genre de festival un peu alternatif sur le cannabis. Un festival de la drogue organisé par le gouvernement le jour de Pâques ? En voilà assez pour éveiller ma curiosité.
J’avais vaguement regardé l’adresse avant de partir, alors je suis sorti un peu au pot à un arrêt de bus du centre-ville. Mais à l’odeur forte qu’il y avait dans les rues, j’ai su que j’étais à peu près au bon endroit. J’ai pas mis très longtemps, en suivant les nuages de fumée parfumée, à trouver l’emplacement de la manifestation. La taille d’un gros marché de village, environ 100 exposants vendant de l’herbe par kilos, toutes sortes de cookies, cupcakes, cheesecakes cannabisés, et bien sûr des types qui vendaient des tshirts de Bob Marley, tellement swag. À côté de ça, des concerts un peu partout, vraiment ambiance fête des vendanges. Alors, j’étais quand même un peu surpris faut dire, parce que la police était là, patrouillant sympathiquement, regardant les gens fumer d’énormes joints d’herbe pure. Je suis donc allé voir un des responsables du festival pour en savoir plus. J’ai mis quand même quelques minutes pour en trouver un qui avait l’air d’avoir les idées claires.

Fonkypigeon : « Bonjour Dough, pourquoi ce 420 festival ? »

Dough : « Le 420 festival, c’est le jour de la célébration du cannabis mec, et ça a lieu le 20 Avril, 4 c’est avril, et 20 ben c’est le vingt avril du coup 4/20 quoi, 420 quoi, tu vois mec ? A l’origine, c’est une coutume nord américaine des années 70 où les gens se retrouvaient à 4h20 tous les aprems pour s’en fumer un. Et là à 4h20, on s’est tous allumé un joint. tous les ans au centre ville de Vancouver, tout le monde se retrouve pour célébrer le cannabis, faire une campagne pour sa dépénalisation et puis, ben, c’est la fête. »

Fonkypigeon : « Mais je pensais que pour fumer du cannabis légalement en Colombie-Britanique, il fallait avoir une carte délivrée par un médecin, est-ce-que tous les gens présents ici qui fument ont une carte ? »

Dough : « Aujourd’hui c’est spécial, aujourd’hui c’est « légal », les flics vont pas t’emmerder, regarde ils sont là autour, mais juste pour surveiller que tout se passe bien et que le trafic routier n’est pas altéré. »

Fonkypigeon : « Mais alors, ça veut dire qu’aujourd’hui je peux acheter de l’herbe, la ramener chez moi, me défoncer le crâne dans la rue, de manière totalement légale ? »

Dough : « …A peu près oui, personne ne t’embêtera »

Fonkypigeon : « Merci Dough, Peace. »

Le mec avait l’air tout de même un peu ambigü sur le côté légal en dehors du festival, mais vu les dizaines de grammes que les gens achetaient autour de moi, ce n’était certainement pas pour tout fumer dans la journée. J’ai voulu aller interroger les flics à ce sujet, mais d’avoir passé une heure dans la fumée, j’étais passivement complètement défoncé, et du coup ça m’a un peu rendu parano d’aller voir la police. Alors à la place je suis allé discuter avec quelques stonners, certains avait fait des bornes pour venir ici, j’ai pas vraiment réussi à tirer des infos intelligibles de ces gens là, mais ils étaient sympas, un peu ailleurs. Et puis je suis allé observer la sécurité qui s’occupait des gens qui faisaient des bad trips, mais y’en avait pas tant que ça, la sécu m’a dit « À part quelques-uns qui ont mangé trop de cookies, c’est un évènement sans aucun problème ». Il m’a fallut longtemps pour réaliser qu’il n’y avait pas une goutte d’alcool sur tout le festival, visiblement les gens n’en avaient pas besoin. Et le monde venait et partait de 15 à 75 ans joint ou space-cake à la main, punk ou bobo, bouddhiste ou catho, heureux pour rien. 25000 personnes estimées sont venues au festival qui avait lieu ce week-end devant la Art-gallery de Vancouver à Robson street. Le Canada se rapproche de plus en plus des légalisations totales qui ont eu lieu dans certains états américains comme le Colorado. J’ai le sentiment ici de vivre une espèce de « fin de prohibition », comme il y a eu aux Etats-Unis au début du siècle dernier. On vit tout de même une époque vraiment intéressante.

Vous aimez ? ça vous revolte ? :
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Je suis un explorateur du monde et j’hallucine fort.

Je vous jure qu’on fini par s’habituer à ces paysages complètement malades. Et on fini même par ne plus faire attention du tout, voir trouver ça banal, des arches de pierre de 20m de haut, des grands canyons de 1000m de dénivelé, des rivières et des lacs aux couleurs surnaturelles. Depuis que nous sommes là, je n’arrête pas de penser aux premiers explorateurs, et aux pionniers, ils ont vraiment dû halluciner. J’imagine que la prochaine fois que quelqu’un sera autant sous le choc, ce sera le mec qui mettra le pied sur une nouvelle planète. Et puis comment ont-ils fait pour survivre ? Nous ça va, même dans le désert y’a un mac donalds tous les 70km. Je me demande si ils arrivaient à chasser des hamburgers sauvages. C’est quand même une sensation assez fantastique que de découvrir des paysages que l’on n’a jamais vu de sa vie, on se sent tout petit, et un paysage comme celui-ci, c’est des nouvelles sensations, fortes. Je crois que j’aimerais bien oublier à quoi ressemblent les Alpes, la Méditeranée, le Doubs, juste pour avoir cette explosion de sensations en y retournant. Mais je suis certain aussi, que ce voyage me permettra de désormais regarder les choses différement, et que la France me paraîtra si exotique après ça. Après tout, c’est juste une question de point de vue. Je me rappelle de cet excellent livre de l’artiste Kerry Smith : « How to be an explorer of the world (comment être un explorateur du monde), qui en quelques points m’a permis de réaliser que tout ce qui était autour de moi était incroyable :
1: Toujours regarder autour de soi.
2: Considérer tout comme vivant et animé.
3: TOUT est intéressant, regarde de plus près.
4: Change souvent ton point de vue.
5: Observe chaque chose longtemps, et parfois brièvement.
6: Observe et écoute les histoires autour de toi.
7: Remarque les motifs, les relations entres les éléments.
8 : Analyse tes trouvailles et note-les, selon différentes approches.
9: Prends en compte le côté indéterminable.
10: Observe le mouvement.
11: Créer un dialogue personnel avec ton environnement, parle-lui.
12: Remonte aux origines des choses.
13: Utilise tous tes sens pour ton investigation.

À partir de là, plus rien n’est banal. Tout est extraordinaire.

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Les petites routes de l’Utah ressemblent à la Colline a des yeux.

Routes sinueuses au milieu de nul-part, villages non pas à l’abandon mais presque, rues désertes et justes quelques yeux épiants à travers les persiennes. Cultes tout droit tirés de Polstergeith. On nous avait mis en garde, « ne vous éloignez pas de la route principale, ou vous tomberez dans des villages étranges… » L’Amérique profonde, elle est là, en dehors des highways, au pied des mines d’or, là où même les cartes ne sont plus à jour. Et si nous étions tombés en panne par ici ? Mmmmm non, il ne fait pas bon traîner là. Accélère, et ne regarde pas derrière toi, même bigbrother ne te regarde plus.

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L’odeur de l’Utah.

Est-ce-que vous aussi, une odeur oubliée est capable de vous faire voyager dans le temps ? Un souvenir c’est aussi une odeur, et aujourd’hui dans ce décor étrange et que je n’avais jamais vu, je me suis rappelé mon enfance. Certains disent souvent « l’odeur du pain grillé » ou encore « le parfum de ma mère », et bien moi aujourd’hui, se fut la douce odeur de la pluie fraîche sur l’herbe sèche et chaude. Dans ce paysage incroyable remplit de bisons et de végétations rases et désertiques, mes poils se sont hérissés. Je me suis vu dans le champs fraîchement coupé à côté de ma maison d’enfance, au mois d’août juste après cette averse salvatrice, où mes potes et moi jouions à cache-cache derrière les balles de foin. La sensation de la paille rude et acérée sous mes pieds, une adrénaline naturelle de la découverte de la vie. J’avais peut être 7 ans ? Ou 8 ? Mais je me souviens de cette odeur réconfortante comme si c’était hier. Et pendant un instant, une éternité peut être, je me suis senti innocent, puéril et tout simplement heureux. Chaque jour que je voyage, je me pose une question de plus, chaque jour que je voyage, je réponds à une question de plus. Où va-t-on papa ? Je ne sais pas mais on y va. Pour le moment, je suis en Utah aux États-Unis, et c’est l’un des voyages les plus incroyables de ma vie. Voyager dans un désert, c’est aussi apprendre l’humilité je crois, et accepter d’être perdu, pour mieux se retrouver.

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Seattle, c’est comme Vancouver mais en mieux.

Seattle c’est Vancouver en mieux, l’authenticité canadienne en moins, la culture en plus mais la bouffe y est dégueulasse. Enfin oui je sais on ne doit pas dire c’est pas bon, mais j’ai pas aimé. Et puis faut dire que moins de 48h pour visiter une ville qui fait la taille de la franche-comté c’est pas non plus suffisant. Seattle jouit de la même géographie que Vancouver, océan d’un côté, montagne de l’autre et d’un temps de merde, mais tempéré. Ajoutez à ça deux trois expos qui déboîtent et une scène musicale digne de Nirvana ( Kurt Cobain étant un autochtone local), couplé à la dynamique économique d’une grande ville américaine, berceau de Microsoft, vous obtenez un bon potentiel fun. Vu qu’on n’a pas de guide du routard on se fait nos petites reviews : on aime.

On est maintenant quelque part sur la route entre Seattle et Salt lake city, perdu entre Washington, l’Idaho l’Oregon et l’Utah. À plus.

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On est parti en road trip aux USA sans rien planifier.

Alors en voyant le plan ci-dessous, tu penseras qu’on n’est pas allé bien loin, mais quand même, c’est sans compter qu’on est avec Thomas et que du coup c’est pas facile de passer les frontières. Je t’ai pas raconté quand Thomas est arrivé à la douane Canadienne? Il y est resté 3h30, car le douanier a trouvé ça louche quand Thomas a dit qu’il ne savait pas combien de temps il comptait rester au Canada, et qu’il était venu pour « trouver l’inspiration pour créer ». Le douanier a pris l’ordi et le téléphone de Thomas et a épluché toutes nos conversations et toutes nos photos. Il a dû penser qu’on était assez perchés pour que les explications de Thomas soient vraies. Bref il l’a laissé filer lui avertissant qu’il savait où on habitait. Bon aujourd’hui on n’a pas eu de contrôle de la sorte, mais les douaniers ont tout de même fouillé la voiture avec non-chalence, bienvenue aux état-unis. Une fois passé la frontière nous nous sommes dit qu’il fallait peut être qu’on sache où on allait. Alors nous nous sommes installés au Jack In the box, histoire de squatter le wifi avec d’énormes burgers malsains. On a décidé d’aller à Seattle. On fait vraiment partie de la génération Y. À l’époque, nos parents prévoyaient le voyage, réservaient des hôtels, et achetaient des cartes, nous on a simplement fait le plein d’essence, allumé nos iPhones, mis le GPS, réservé une chambre sur Airbnb sur le chemin et trouvé sur internet quoi faire le jour même. On a encore aucune idée d’où on sera demain, on a juste prévu de rejoindre Salt Lake City samedi soir, mais on sait pas à quoi ressemble Salt Lake City, ni ce qu’il y a à y faire, mais on verra sur internet le moment venu. Ce soir le GPS était perdu, j’ai voulu demander mon chemin à quelqu’un, celui-ci m’a répondu, allez au magasin pas loin, il y a le wifi gratuit. Je me demande si la technologie rend le voyage plus intéressant, ou les voyageurs plus virtuels, mais ça permet sans doute, une improvisation contrôlée. Voyager à l’ancienne pourquoi pas? Mais sérieusement, ils faisaient comment les vieux sans Google? J’imagine Christophe Colomb découvrir l’Amérique sur son iPad, et on aurait retrouvé Saint-Exupery si il avait activé le GPS de son smart phone. On a tenté de lire des brochures d’offices du tourisme ce soir, que des activités hasbeen et trop fréquentées. Le restaurateur mexicain ce soir a sûrement halluciné de nous voir les trois sur nos iPhones, hypnotisés. Mais pour demain, Jeanne Thomas et moi avons dégoté les activités rêvées. Nous ce qu’on aime c’est l’aventure, la vraie, celle guidée au jour le jour par la 4g. Et là où le vent de l’hyperconnectivité me mènera, je bloggerai.

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