The fonky pigeon's diary
Le Fonky Pigeon vous offre ici ses pensées, ses kiffs et coups de gueule, sa vie quoi.

Je suis un explorateur du monde et j’hallucine fort.

Je vous jure qu’on fini par s’habituer à ces paysages complètement malades. Et on fini même par ne plus faire attention du tout, voir trouver ça banal, des arches de pierre de 20m de haut, des grands canyons de 1000m de dénivelé, des rivières et des lacs aux couleurs surnaturelles. Depuis que nous sommes là, je n’arrête pas de penser aux premiers explorateurs, et aux pionniers, ils ont vraiment dû halluciner. J’imagine que la prochaine fois que quelqu’un sera autant sous le choc, ce sera le mec qui mettra le pied sur une nouvelle planète. Et puis comment ont-ils fait pour survivre ? Nous ça va, même dans le désert y’a un mac donalds tous les 70km. Je me demande si ils arrivaient à chasser des hamburgers sauvages. C’est quand même une sensation assez fantastique que de découvrir des paysages que l’on n’a jamais vu de sa vie, on se sent tout petit, et un paysage comme celui-ci, c’est des nouvelles sensations, fortes. Je crois que j’aimerais bien oublier à quoi ressemblent les Alpes, la Méditeranée, le Doubs, juste pour avoir cette explosion de sensations en y retournant. Mais je suis certain aussi, que ce voyage me permettra de désormais regarder les choses différement, et que la France me paraîtra si exotique après ça. Après tout, c’est juste une question de point de vue. Je me rappelle de cet excellent livre de l’artiste Kerry Smith : « How to be an explorer of the world (comment être un explorateur du monde), qui en quelques points m’a permis de réaliser que tout ce qui était autour de moi était incroyable :
1: Toujours regarder autour de soi.
2: Considérer tout comme vivant et animé.
3: TOUT est intéressant, regarde de plus près.
4: Change souvent ton point de vue.
5: Observe chaque chose longtemps, et parfois brièvement.
6: Observe et écoute les histoires autour de toi.
7: Remarque les motifs, les relations entres les éléments.
8 : Analyse tes trouvailles et note-les, selon différentes approches.
9: Prends en compte le côté indéterminable.
10: Observe le mouvement.
11: Créer un dialogue personnel avec ton environnement, parle-lui.
12: Remonte aux origines des choses.
13: Utilise tous tes sens pour ton investigation.

À partir de là, plus rien n’est banal. Tout est extraordinaire.

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Les petites routes de l’Utah ressemblent à la Colline a des yeux.

Routes sinueuses au milieu de nul-part, villages non pas à l’abandon mais presque, rues désertes et justes quelques yeux épiants à travers les persiennes. Cultes tout droit tirés de Polstergeith. On nous avait mis en garde, « ne vous éloignez pas de la route principale, ou vous tomberez dans des villages étranges… » L’Amérique profonde, elle est là, en dehors des highways, au pied des mines d’or, là où même les cartes ne sont plus à jour. Et si nous étions tombés en panne par ici ? Mmmmm non, il ne fait pas bon traîner là. Accélère, et ne regarde pas derrière toi, même bigbrother ne te regarde plus.

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L’odeur de l’Utah.

Est-ce-que vous aussi, une odeur oubliée est capable de vous faire voyager dans le temps ? Un souvenir c’est aussi une odeur, et aujourd’hui dans ce décor étrange et que je n’avais jamais vu, je me suis rappelé mon enfance. Certains disent souvent « l’odeur du pain grillé » ou encore « le parfum de ma mère », et bien moi aujourd’hui, se fut la douce odeur de la pluie fraîche sur l’herbe sèche et chaude. Dans ce paysage incroyable remplit de bisons et de végétations rases et désertiques, mes poils se sont hérissés. Je me suis vu dans le champs fraîchement coupé à côté de ma maison d’enfance, au mois d’août juste après cette averse salvatrice, où mes potes et moi jouions à cache-cache derrière les balles de foin. La sensation de la paille rude et acérée sous mes pieds, une adrénaline naturelle de la découverte de la vie. J’avais peut être 7 ans ? Ou 8 ? Mais je me souviens de cette odeur réconfortante comme si c’était hier. Et pendant un instant, une éternité peut être, je me suis senti innocent, puéril et tout simplement heureux. Chaque jour que je voyage, je me pose une question de plus, chaque jour que je voyage, je réponds à une question de plus. Où va-t-on papa ? Je ne sais pas mais on y va. Pour le moment, je suis en Utah aux États-Unis, et c’est l’un des voyages les plus incroyables de ma vie. Voyager dans un désert, c’est aussi apprendre l’humilité je crois, et accepter d’être perdu, pour mieux se retrouver.

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Seattle, c’est comme Vancouver mais en mieux.

Seattle c’est Vancouver en mieux, l’authenticité canadienne en moins, la culture en plus mais la bouffe y est dégueulasse. Enfin oui je sais on ne doit pas dire c’est pas bon, mais j’ai pas aimé. Et puis faut dire que moins de 48h pour visiter une ville qui fait la taille de la franche-comté c’est pas non plus suffisant. Seattle jouit de la même géographie que Vancouver, océan d’un côté, montagne de l’autre et d’un temps de merde, mais tempéré. Ajoutez à ça deux trois expos qui déboîtent et une scène musicale digne de Nirvana ( Kurt Cobain étant un autochtone local), couplé à la dynamique économique d’une grande ville américaine, berceau de Microsoft, vous obtenez un bon potentiel fun. Vu qu’on n’a pas de guide du routard on se fait nos petites reviews : on aime.

On est maintenant quelque part sur la route entre Seattle et Salt lake city, perdu entre Washington, l’Idaho l’Oregon et l’Utah. À plus.

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On est parti en road trip aux USA sans rien planifier.

Alors en voyant le plan ci-dessous, tu penseras qu’on n’est pas allé bien loin, mais quand même, c’est sans compter qu’on est avec Thomas et que du coup c’est pas facile de passer les frontières. Je t’ai pas raconté quand Thomas est arrivé à la douane Canadienne? Il y est resté 3h30, car le douanier a trouvé ça louche quand Thomas a dit qu’il ne savait pas combien de temps il comptait rester au Canada, et qu’il était venu pour « trouver l’inspiration pour créer ». Le douanier a pris l’ordi et le téléphone de Thomas et a épluché toutes nos conversations et toutes nos photos. Il a dû penser qu’on était assez perchés pour que les explications de Thomas soient vraies. Bref il l’a laissé filer lui avertissant qu’il savait où on habitait. Bon aujourd’hui on n’a pas eu de contrôle de la sorte, mais les douaniers ont tout de même fouillé la voiture avec non-chalence, bienvenue aux état-unis. Une fois passé la frontière nous nous sommes dit qu’il fallait peut être qu’on sache où on allait. Alors nous nous sommes installés au Jack In the box, histoire de squatter le wifi avec d’énormes burgers malsains. On a décidé d’aller à Seattle. On fait vraiment partie de la génération Y. À l’époque, nos parents prévoyaient le voyage, réservaient des hôtels, et achetaient des cartes, nous on a simplement fait le plein d’essence, allumé nos iPhones, mis le GPS, réservé une chambre sur Airbnb sur le chemin et trouvé sur internet quoi faire le jour même. On a encore aucune idée d’où on sera demain, on a juste prévu de rejoindre Salt Lake City samedi soir, mais on sait pas à quoi ressemble Salt Lake City, ni ce qu’il y a à y faire, mais on verra sur internet le moment venu. Ce soir le GPS était perdu, j’ai voulu demander mon chemin à quelqu’un, celui-ci m’a répondu, allez au magasin pas loin, il y a le wifi gratuit. Je me demande si la technologie rend le voyage plus intéressant, ou les voyageurs plus virtuels, mais ça permet sans doute, une improvisation contrôlée. Voyager à l’ancienne pourquoi pas? Mais sérieusement, ils faisaient comment les vieux sans Google? J’imagine Christophe Colomb découvrir l’Amérique sur son iPad, et on aurait retrouvé Saint-Exupery si il avait activé le GPS de son smart phone. On a tenté de lire des brochures d’offices du tourisme ce soir, que des activités hasbeen et trop fréquentées. Le restaurateur mexicain ce soir a sûrement halluciné de nous voir les trois sur nos iPhones, hypnotisés. Mais pour demain, Jeanne Thomas et moi avons dégoté les activités rêvées. Nous ce qu’on aime c’est l’aventure, la vraie, celle guidée au jour le jour par la 4g. Et là où le vent de l’hyperconnectivité me mènera, je bloggerai.

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Mon ami Marco s’est fait prescrire de la weed par son médecin.

J’ai un collègue Italien qui s’appelle Marco, on s’en fiche un peu qu’il soit italien Marco, Marco son problème, c’est qu’il n’arrive pas à dormir. On est un peu tous dans ce cas là, nous autres travailleurs du secteur des effets spéciaux : stress, écrans et obscurité des salles, on est tous détraqués, et manger du bifidus actif de Danone, c’est de la publicité mensongère, ça ne fait rien, il parait même que ça fait grossir. Moi j’ai essayé de prendre de la Mélatonine concentrée, un genre d’hormone normalement sécrétée par le corps qui lui permet de comprendre que c’est la nuit et qu’il faut pioncer; Mais quand tu bosses dans le noir, ton corps il n’en sécrète plus, ou au mauvais moment, et quand tu rentres le soir, ton corps ne sait plus si il faut dormir, ou si c’est l’heure de l’apéro. Mais la melamachin, ça marche pas trop bien. Du coup, Marco il est allé voir son médecin. Et son médecin, à Marco, lui à tout simplement prescrit de la marijuana. Alors pas des pilules, ou autres substituts, non non, du cannabis à fumer. Ici le cannabis à usage médicinal est légal. Du coup, Marco a désormais sa carte de fumeur de spliff, avec écrit son nom dessus : Marco. Ce n’est pas encore remboursé par la sécurité sociale, mais Marco a le droit d’acheter sa came légalement à l’état de Colombie Britannique. Et visiblement c’est un business qui marche bien vu le nombre d’établissements qui vendent de la beuh à Vancouver. L’état canadien à ses propres plantations, ainsi que des règles d’importations contrôlées. Alors tu peux t’imaginer que c’est un peu comme dans un clip de Cypress Hill et que le Docteur Green Tumb est dans la place, mais en vrai, n’importe quel médecin est en mesure de te prescrire un gros pétard avant le dodo. Certains médecins sont plus retissant, alors que d’autres font leurs communications là-dessus : « Venez me voir, dites moi que vous avez la migraine et je vous prescrirai du THC. » Marco, je crois que c’était déjà un fumeur de spliffs avant, mais maintenant Marco achète et consomme en toute légalité en enrichissant la mafia de l’état. Ici, dans les magasins spécialisés, tu as un menu, avec tous les types d’herbes, leurs teneurs en THC, leurs origines, leurs goûts, leurs vertus, Et puis pour ceux qui ne voudraient pas la fumer, ils vendent aussi des gâteaux, des boissons, et tout un éventail de produits culinaires pour te faire planer. Tenez, allez voir le menu si vous voulez. Ca change des dealers craignosses des banlieues parisiennes. Ici, c’est bien présenté, tarifs conventionnés, produits contrôlés, petite blouse blanche, sourire attentionné, « et avec ceci je vous met la quittance ? ». Bref, Du coup, c’est intéressant la vision que les canadiens ont du cannabis. Personne n’est contre, mais contre ce qui est étonnant, c’est que tout le monde semble, comme Marco, insomniaque ou migraineux, car tout le monde a sa carte. En revanche, j’ai aussi lu que si tu n’avais pas ton laissez-passer pour les paradis artificiels, c’était un peu comme le Monopoly, tu allais direct à la case prison, et ça pour 5 ans. Autant être hypocondriaque. En attendant Marco se rend toutes les semaines, comme Verlaine et Rimbaud à son club des hachichins, et désormais Marco arrive à pioncer. Bonne nuit.

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Dégageons les intermittents, On en a marre de l’exception culturelle française, place à Medefwood.

Salut François,

Alors je me souviens très bien de ton élection, j’étais en Inde à ce moment-là. Je travaillais pour une grosse compagnie de film américaine. Très dépaysant comme tu peux l’imaginer. Pourquoi j’étais allé là-bas? Tout simplement pour l’expérience et le voyage, à cette époque, mes ambitions étaient très claires, voyager tout en travaillant pour accumuler une expérience professionnelle riche, puis revenir dans mon pays natal que j’aime tant : La France.
Alors je me souviens avoir étudié les programmes des candidats, parce que tu sais François, de nous jours les jeunes ne suivent plus un parti comme avant, mais cherchent un représentant. Alors on va sur internet et on « se bricole une idée à partir de deux trois articles et quelques vidéos « Youtube ». Alors moi ce qui m’intéressait, c’était de savoir ce que tu avais prévu pour les artistes, les intermittents, les gens comme moi quoi. Et j’ai cherché longtemps, je me suis même demandé si le gouvernement indien n’avait pas bloqué certaines pages du gouvernement français, par ce que crois-moi, ça été dur à trouver. Et puis j’ai trouvé ce petit paragraphe dans ton programme, qui disait un truc du genre « l’art et la culture c’est important », pardon c’est faible de ma part de résumer de la sorte, mais en même temps t’en disais pas plus. Alors je n’étais pas convaincu, mais 3 lignes de ta part, contre rien chez les autres, ça a un peu fait pencher la balance en ta faveur. Et puis j’ai grandi dans une ambiance de gauche, j’ai reçu ses valeurs et tout le bazar, tu vois, alors j’allais quand même pas voter à droite ? Juste par principe. Bref, t’as été élu, mes parents et mes amis étaient contents, tout le monde s’est bourré la gueule en ton honneur, et puis la vie à repris son cours normal. Tu sais j’ai toujours confondu ma droite ma gauche, mais là j’ai pris le temps de réfléchir, t’es bien à droite, je pense que toi aussi tu devrais réfléchir, méfie-toi, je crois que tu t’égares. Un jour, à force de mettre ton clignotant du mauvais côté tu vas avoir un accident de scooter.

Bon, venons en aux faits: tu connais les artistes non ? Tu fricotes pas avec une actrice au fait ? Je me demande si Julie n’était pas intermittente avant de devenir « entretenue », ça change rien pour elle, elle touche les bourses du gouvernement. C’est vrai, on a pas besoin du régime d’intermittent, ça marche très bien dans les autres pays. Tu vois là en ce moment, je suis au Canada, et je travaille sur « Godzilla », ce film est d’une finesse intellectuelle incroyable, je ne suis pas intermittent et je gagne plein de tunes, c’est super. Dans 2 semaines j’aurai fini sur ce film et je pense enchaîner sur un autre film intelligent, car pas de chômage entre les deux, alors au boulot, on arrête de profiter de la société, non mais. Ils ont bien réussi les États-Unis dans le cinéma hein ? Ils sont forts, ils brassent des milliards, font des beaux films et tout ça sans intermittents, Pari gagné. Par contre, tu remarqueras un truc, c’est que leurs films ne nous apportent pas une grande réflexion. Je ne vais pas t’expliquer en détail comment on fait un film à Hollywood, tu demanderas à Julie, mais pour te résumer l’idée, le but n’est pas de faire réfléchir, ou de proposer de nouvelles idées, mais juste de faire du pognon. Alors on fait du réchauffé comme godzilla, toujours le même schéma, et les gens vont au ciné. Tout le monde est content, y’a pas à chier. On a pas besoin d’idées nouvelles, de nouveaux artistes indépendants, de petits films intellectuels. Du coup, heureusement, y’en a pas ici en Amérique du Nord. T’as eu le temps de voir ça quand t’es venu serrer la main à Obama au début du mois ? Ça marche bien la culture et le divertissement ici, on a gardé que le meilleur d’Hollywood, et puis au moins ça permet de contrôler les idées et les doctrines données à boulotter aux gens. T’as raison de vouloir tuer l’intermittence, car en plus d’épargner de la tune, tu pourras faire taire tout un tas d’artistes dérangeants qui sèment des idées dérangées. Et puis comme ça, ce sera un peu comme si t’avais la télécommande sur le canapé, on regardera ce que tu décideras. Et puis ce sera plus facile pour nous de choisir puisqu’on aura plus le choix, tu nous épargneras ces longues querelles entre amis pour savoir quel film, quelle expo on va aller voir. Toi et tes amis œuvrez pour la médef-culture et je t’en remercie. J’ai arrêté l’intermittence pour le free-lance, je suis un vrai libéral moi aussi ! Je sais me gérer, je travaille 80h par semaine pour pouvoir me permettre de prendre des jours de vacances et m’acheter un nouveau scooter. J’ai pas besoin de l’état, j’ai même une assurance maladie privée, tu devrais être fier de moi !Donc oui, je te soutiens toi et ton copain Nico, que je remercie au passage pour son statut d’auto-entrepreneur qui mate bien les intermittents, ces sales petits profiteurs d’artistes.
Je suis bien content, j’avais des amis intermittents, et depuis qu’ils sont freelance, lorsqu’ils ont du rare temps libre, ils ont plus l’énergie de créer ni de s’exprimer, alors ils préfèrent dormir avant de travailler sur la prochaine pub, ça leur évite de faire encore leurs oeuvres qui nous font réfléchir, et qui remettent en question le sens dans lequel on va. Je ne mange pas de ce pain là moi, j’écoute la grand messe moi, et je fais ce que tu nous dis de faire moi.

Alors vraiment, je tenais encore une fois à te remercier de laisser tes potes du Medef agir de la sorte, j’en avais un peu marre qu’on parle de « L’exception culturelle Francaise », c’est has been tout ça, en place bigmedef brother, Medefwood, en place la France 3.0 des entreprises privées, à mort les artistes indépendants, à mort la diversité de la culture, la liberté d’expression. Vive le formatage idéologique, travaillons plus, divertissons nous moins et vive la France!

Un pigeon de plus sur cette terre.

PS: tu me tiens au jus quand la loi est passée ? J’ai hâte de rentrer en France pour galérer !

Dieu est le D.A. le plus fou que je connaisse.

Si Dieu existe, et qu’il a créé ce monde, alors c’est le directeur artistique le plus halluciné que je connaisse. Passez ne serait-ce que quelques heures dehors, et regardez de près les textures des pierres, des feuilles des arbres : c’est complètement too much, saturé de couleurs et de détails. Pour vous dire, je travaille dans les effets spéciaux, dans le cinéma, et bien si je créais des images comme celle que je vous ai mise ci-dessous, et bien je me fais virer, le réalisateur me dirait « on t’a demandé quelque chose de réaliste, pas un vague trip sous LSD ». Jésus et ses potes barbus hippies étaient bien trop en avance, ou alors bien trop défoncés pour créer tout ce bazar, Hollywood n’en voudrait même pas, Ryan Gosling à côté de tout ça ? C’est de la simplicité qu’on veut nom de dieu !

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Ah mais tu connais sans doute machin ? ah non…

Ah mais t’es Autrichien ??? C’est fou, tu dois connaître Radeck alors ? Ben non… Je le sais que l’Autriche c’est plus de 8 millions d’habitants. Mais faut toujours que je pose cette question à la con. J’aimerais tellement pouvoir dire « ah ben le monde est petit », mais non, il est « putain de grand ». C’est plus fort que moi. À partir du moment où je connais un mec qui vient d’un pays, je ne peux pas m’empêcher d’en parler si je rencontre un autre type de la même origine. Et à chaque fois… Ben je perds mon temps. Mais ce syndrome n’est pas récent ni lié à mes excursions mondiales. Je viens d’un village, où tout le monde se connaît, et puisque, en général, les amis marient les amies des bleds d’à côté, tu connais tout le monde à 50km à la ronde. Alors même que j’avais quitté ma Franche-Comté natale, pour les Alpes, à chaque fois que je rencontrais un Franc-comtois, je lui disais  » Ah, mais t’es Franc-comtois ? Trop bien, on doit avoir plein d’amis en commun « . Alors il y a cette théorie qui dit qu’à 7 niveaux d’amitiés on connaîtrait le monde entier, mais je pense que juste le fait que le type vienne du Jura et moi du Doubs, suffisait à créer le vide relationnel entre nous. Une fois de plus je passais pour un candide, et je réalisais que les Jurassiens étaient vraiment moins sympas que les Doubistes. Et puis après je suis allé à Paris. Et à Paris, personne n’est parisien, tout le monde vient de quelque part, 95% sont « soi-disant » bretons. Et vu que les Bretons ne voient pas plus loin que la pointe du raz, j’ai été obligé de grossir mes origines, pour que ce soit plus facile à expliquer. Et de ne plus parler de mon bourg, mais plus de la « capitale » de la Franche-Comté : Besançon. Quand tu parles en terme de « grosses villes », alors tout d’un coup tu rencontres des tas de gens qui viennent du même endroit, ou qui y on vécu quelques années, et alors même là, je ne pouvais m’empêcher de poser la question :  » ah ben tu dois connaître doudou ? » Ben non. Quand tu vis dans une ville, tu connais moins de monde que quand tu vis dans un village… C’est fou, mais c’est comme ça, tes amis sont inversement proportionnels à la démographie citadine. Et puis j’ai quitté la France, et j’ai voyagé dans un paquet de pays ces dernières années, et j’ai rencontré pas mal de pélots, d’un peu partout dans le monde. Et au bout de quelque temps il est facile de connaître un Américain, un Indien, un Canadien un Français, un Suédois, un Italien, un vrai breton, etc. Et puis ce qui est cool c’est que tout le monde parle anglais (sauf le breton). Alors c’est un peu comme le jeu de cartes « le memory », quand tu retrouves la deuxième carte similaire, t’es super content, mais pour 2 secondes : et bien moi ça me provoque la même micro joie quand je rencontre un type qui vient du même pays que l’un de mes amis. Mais au bout de 2 min, je ruine tout en joyeusement demandant « ah, mais tu connais sans doute Kumar? » Éventuellement celle-là fonctionne, car n’importe qui ayant été en Inde connaît un Kumar, mais en général c’est pas le même. Alors je me contente de collectionner un ami international de plus, comme les stickers dans les albums paninis, ou il manque toujours la carte rare, celle qui en l’occurrence te permet de mettre en relation tes amis et dire que « le monde est petit ». Récemment j’ai inversé la tendance, et à la place de rencontrer des nouvelles personnes, je voyage pour revoir celles que je connais déjà. Et récemment, je suis allé à Montréal, je me suis rendu compte que je connaissais un paquet de gens là bas, et qu’ils ne se connaissaient pas entre eux… du tout. On connaît tout le monde et personne ne se connaît, c’est un peu comme Facebook, mais avec des vrais amis, des vrais sentiments. Alors je ne désespère pas, un jour je les aurai ces 2 secondes de satisfaction, elles paraitront durer une éternité, et nous parlerons de notre ami commun, j’aurai l’impression d’être citoyen du village du monde, et je me ferai tellement plaisir à dire « c’est fou comme le monde est petit », et je mentirai même en ajoutant « ça m’arrive à chaque fois ».
L’incroyable dans tout ça, c’est que quand je rentre au bled dans le Doubs, les gens ne me connaissent plus, et je ne connais plus personne.

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Le vieux port de Montréal.

Le vieux port de Montréal, c’est un peu un endroit vraiment bizarre. Tu sais, c’est le genre d’endroit, où tu trouves ça trop bien, trop beau, parce que en réalité c’est un peu déglingué, un peu béton, un peu carcasse rouillée. C’est tout simplement, deux points, ouvrez les guillemets, lettres capitales : « INDUSTRIEL ». Si l’industriel c’est pas le truc le plus tendance du moment, alors moi je suis déjà bien has been. Bon ce qui fait aussi le charme du vieux port de Montréal, c’est quand même aussi qu’il est tout gelé. Et c’est quand même vraiment chouette de voir ces énormes cargos tous rouillés, au mouillage pris dans la glace. En s’approchant un peu, c’est un patchwork de textures usées, de couleurs inhabituelles. La glace a beau être une matière naturelle, elle rappelle et renforce tous ces métaux altérés, ces cordages effrités, ce béton grisé. Le Vieux port de Montréal, l’hiver, par -25 degrés, c’est une carte postale du début du siècle dernier, les ouvriers en moins. Le silence et l’immensité du nord américain. Au bout du port, il y a une patinoire naturelle, où les gens viennent glisser dans ce décor étrange. Au fond, passe le fleuve Saint-Laurent, qui est un genre d’autoroute à mini-icebergs. Personne ne navigue, c’est intrigant un port où l’on ne peut pas naviguer la moitié de l’année. Merci à l’ami Lucas de m’avoir trainé là bas, et d’avoir eu la patience par ce grand froid, de me supporter, alors que je photographiais, tout ce qu’il me passait sous les yeux (Bon en même temps t’as fais comme moi, mais sans gants, les savoyards, ils rigolent pas).

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